- Cinq chefs, cinq stratégies bien différentes.
- Fréchette tente d'imposer sa propre marque.
- Milliard cherche encore le déclic libéral.
- Ghazal conserve son terrain sans créer l'étincelle.
- PSPP semble le mieux placé au lendemain de la soirée.
La soirée d'hier n'a pas offert le traditionnel combat de chefs. Pas de face-à-face, pas de réplique lancée directement à l'adversaire. Mais cinq occasions de faire une chose essentielle en campagne: convaincre les électeurs qu'on est la personne qu'il faut pour diriger le Québec.
Christine Fréchette
Christine Fréchette a misé sur l'expérience et sur sa capacité à gouverner. Elle a parlé d'agriculture, d'infrastructures et de son approche économique. Elle gagne des points en cherchant à montrer que la CAQ peut avoir un nouveau visage sous sa direction. Mais elle doit encore réussir à faire sentir que son gouvernement serait réellement le sien.
Charles Milliard
Charles Milliard a voulu installer le PLQ dans le rôle de l'alternative. Modernisation de l'État, réduction de 12 000 postes équivalents et fin de certaines pratiques gouvernementales: il avait des choses concrètes à proposer. Il gagne en clarté, mais le problème demeure le même: comment transformer cette visibilité en véritable remontée?
Ruba Ghazal
Ruba Ghazal a défendu les services publics, le logement et les conditions de travail. Une prestation cohérente, mais sans grande annonce pour créer le fameux déclic.
Paul St-Pierre Plamondon
Paul St-Pierre Plamondon, lui, avait le luxe du meneur. Il a parlé logement, propriété, immigration et indépendance. Il cherchait moins à gagner la soirée qu'à confirmer qu'il est prêt à gouverner.
Éric Duhaime
Éric Duhaime a défendu son cadre financier et sa vision d'un État plus petit. Mais les controverses entourant un candidat ont encore une fois compliqué son message.

Des points gagnés… et des occasions échappées
Ce qui frappe, c'est que les cinq chefs ne jouaient pas exactement la même partie.
Pour Fréchette, le défi était de montrer qu'elle peut incarner la CAQ sans simplement prolonger l'ère Legault. Elle a avancé, mais le test n'est pas terminé.
Milliard a probablement eu l'une de ses meilleures occasions de replacer le PLQ dans la conversation. Son discours sur l'État lui donne une couleur plus nette. Reste à savoir si les électeurs libéraux potentiels l'entendent.
Ghazal a protégé son terrain. Elle n'a toutefois pas créé le moment qui aurait pu faire parler de QS le lendemain.
PSPP, lui, a bénéficié de sa position de meneur. Son discours sur le logement lui permet surtout de ramener la campagne sur des préoccupations très concrètes, au-delà de la seule question nationale.
Et Duhaime? Son programme était là, mais l'attention a encore été aspirée par la controverse. En politique, ce qui détourne le message finit souvent par devenir le message.

Alors, qui sort gagnant?
Le grand gagnant de la soirée est probablement Paul St-Pierre Plamondon.
Pas parce qu'il a écrasé ses adversaires. Il n'en avait d'ailleurs pas directement devant lui. Mais parce qu'il avait quelque chose que les autres doivent maintenant aller chercher: l'impression qu'il peut réellement prendre les commandes.
Mais pour PSPP, cette soirée avait surtout une valeur différente: celle d'un chef qui commence à devoir agir comme s'il était déjà aux portes du pouvoir.
