- La forêt revient au cœur de la campagne.
- Christine Fréchette mise sur les régions.
- Un nouveau chantier forestier se dessine.
- 144 millions de dollars sont annoncés.
- La CAQ peut-elle reprendre du terrain?
La forêt québécoise revient au centre de la campagne électorale. Mardi, Christine Fréchette s'est rendue à La Tuque pour présenter sa vision de l'avenir de l'industrie forestière, un secteur qui demeure au cœur de l'économie de plusieurs communautés québécoises. Son message est clair: il faut donner davantage de pouvoir aux régions.
La CAQ propose notamment de lancer rapidement après l'élection un appel à projets pilotes afin de permettre aux régions d'expérimenter différentes façons de planifier et de gérer la forêt. Les initiatives qui fonctionneraient pourraient ensuite alimenter une réforme du régime forestier.
La CAQ veut également mettre sur pied un «Chantier national sur la forêt», réunissant les régions, l'industrie et les Premières Nations. Elle promet aussi une enveloppe de 144 millions de dollars pour accompagner la modernisation des usines, l'innovation et la construction en bois québécois.
Derrière ces annonces, il y a toutefois une question politique qui mérite d'être posée. Pourquoi la forêt maintenant? Parce que le secteur est directement touché par les tarifs américains, mais aussi parce que les régions constituent un terrain électoral où chaque appui compte.
Christine Fréchette tente-t-elle simplement de répondre à une crise économique ou cherche-t-elle à rappeler à l'électorat régional que la CAQ veut encore être son parti?

Redonner une voix aux régions
Le discours de Christine Fréchette repose sur une idée simple: le Québec ne devrait pas gérer toutes ses forêts de la même manière. La réalité de la Mauricie n'est pas nécessairement celle du Saguenay–Lac-Saint-Jean ou de la Côte-Nord.
La CAQ veut donc tester de nouvelles approches sur le terrain avant d'entreprendre une réforme plus large du régime forestier. Le projet développé en Mauricie avec la communauté attikamekw et l'entreprise Arbec est présenté comme un exemple pouvant inspirer d'autres régions.
L'approche cherche aussi à rapprocher les entreprises, les Premières Nations, les municipalités et les autres utilisateurs de la forêt.

Une bataille économique, mais aussi électorale
La forêt permet à la CAQ de parler d'économie, de régions et de tarifs américains dans un même discours. C'est précisément ce qui rend cette annonce intéressante dans le contexte actuel.
Christine Fréchette veut augmenter la valeur tirée de chaque arbre récolté, moderniser les usines, accélérer l'innovation et soutenir davantage la construction en bois québécois. La CAQ veut également réduire la dépendance de l'industrie au marché américain dans le contexte de la guerre tarifaire.
Mais au-delà du plan forestier, le véritable test sera politique. La CAQ parviendra-t-elle à convaincre les régions qu'elle comprend leurs réalités et qu'elle possède encore les moyens d'agir?
La forêt pourrait bien devenir beaucoup plus qu'un dossier économique dans cette campagne.
