- Le grand rendez-vous approche.
- Les cinq chefs jouent gros.
- Le rapport de force pourrait changer.
- Chaque chef arrive avec son propre défi.
- Un moment pourrait tout faire basculer.
Depuis le début de cette campagne, les chefs ont beaucoup parlé. Beaucoup promis. Beaucoup attaqué. Mais ils l'ont surtout fait chacun dans leur propre décor, devant leurs propres partisans, avec des messages soigneusement préparés. Cette fois, le décor change.
Dès mercredi soir, les cinq chefs se retrouveront dans le même grand rendez-vous télévisé, à Québec, à Radio-Canada.
Christine Fréchette, Charles Milliard, Ruba Ghazal, Paul St-Pierre Plamondon et Éric Duhaime devront tour à tour défendre leur vision du Québec et répondre aux questions des journalistes. Ce sera leur première véritable occasion de se mesurer devant un vaste auditoire.
Et le moment n'est pas anodin. Le dernier sondage place toujours le PQ en tête, mais la CAQ et le PLQ restent à portée de tir. Surtout, 60 % des Québécois disent souhaiter un changement de gouvernement. La campagne entre donc dans une nouvelle phase: celle où les impressions peuvent commencer à se transformer en choix.
Jusqu'ici, certains chefs ont réussi à imposer leur message. D'autres cherchent encore leur rythme. Mais devant des millions de regards, une phrase peut faire mouche, une hésitation peut coûter cher et une réponse inattendue peut changer la perception d'un candidat.
C'est peut-être là que la vraie campagne commence.

Cinq chefs, cinq façons de convaincre
Ce qui rend ce rendez-vous particulièrement intéressant, c'est que chacun arrive avec une bataille différente à mener.
Paul St-Pierre Plamondon doit protéger son avance. Christine Fréchette doit transformer une bonne impression personnelle en appuis pour la CAQ. Charles Milliard doit trouver le moyen de faire sortir le PLQ de son troisième rang. Ruba Ghazal veut maintenir QS dans la conversation, tandis qu'Éric Duhaime cherche à convertir son influence en votes là où son parti peut faire la différence.
Ils n'auront pas tous le même objectif, ni les mêmes risques.
Et c'est précisément ce qui pourrait rendre les échanges intéressants: une même question peut devenir un piège pour l'un et une occasion en or pour l'autre.

Et si le premier vrai tournant était déjà là?
La campagne est encore jeune, mais le temps commence à manquer pour les stratégies à long terme. Les rendez-vous télévisés vont maintenant s'enchaîner: le Face-à-Face de Québecor le 15 septembre, puis d'autres échanges avant le grand débat des chefs du 23 septembre.
Entre-temps, les électeurs vont comparer. Qui paraît prêt? Qui maîtrise ses dossiers? Qui répond sans détour? Qui attaque avec justesse? Et surtout, qui donne envie de lui confier les clés du gouvernement?