Le PLQ avait une carte gagnante. Quelqu’un vient de la lui voler.

Le PLQ avait une carte gagnante. Quelqu’un vient de la lui voler.
Crédit: Le PLQ perd son avantage, la CAQ récupère l’espace.
  • Le PLQ perd son avantage stratégique.
  • La CAQ récupère une partie de son électorat.
  • Le PQ demeure une menace réelle.
  • Charles Milliard doit maintenant se démarquer.
  • Le PLQ doit donner une raison de voter pour lui.

Il devait être l'alternative évidente. Le parti capable de barrer la route au Parti québécois sans demander aux électeurs de se tourner vers la CAQ. Le Parti libéral du Québec avait même une carte qui semblait particulièrement forte : agiter le spectre d'un référendum pour ramener les fédéralistes dans ses rangs.

Sauf que la campagne a changé.

Et aujourd'hui, des candidats et des organisateurs libéraux commencent à s'inquiéter du départ de Charles Milliard, qui peine encore à s'imposer comme la véritable alternative au Parti québécois.

Le paradoxe est assez frappant. Le PLQ pensait pouvoir profiter du rejet d'un éventuel référendum péquiste. Pourtant, c'est Christine Fréchette qui semble récupérer une partie de cet espace. Avec les tarifs américains, l'économie et la défense des intérêts du Québec au cœur de la campagne, la CAQ a trouvé un terrain sur lequel elle peut parler directement aux électeurs libéraux.

Et voilà le problème.

Le PLQ devait être l'alternative. Mais quelqu'un est en train de lui voler ce rôle.

La CAQ vient brouiller les cartes

Pendant des années, le choix semblait relativement simple pour une partie de l'électorat: si on voulait empêcher le PQ de prendre le pouvoir, le PLQ représentait le refuge naturel.

Mais si la CAQ réussit maintenant à convaincre ces mêmes électeurs qu'elle peut défendre le Québec, protéger l'économie et éviter un référendum, le calcul change complètement.

C'est là que la situation devient dangereuse pour Charles Milliard.

Il ne doit pas seulement convaincre les électeurs que le PQ n'est pas la bonne option. Il doit aussi expliquer pourquoi la CAQ ne l'est pas davantage.

Et pendant ce temps, le PQ continue d'occuper une place importante dans la course.

Le PLQ se retrouve donc avec deux adversaires qui lui prennent chacun une partie de son espace.

Instagram @frechette_christine

Le vrai test pour Charles Milliard

Il serait beaucoup trop tôt pour écrire la fin de la campagne libérale. Il reste du temps, les débats arrivent et une campagne électorale peut changer de direction beaucoup plus rapidement qu'on le croit.

Mais Charles Milliard doit maintenant trouver quelque chose de plus difficile qu'un slogan.

Il doit donner une raison positive de voter PLQ.

Pas uniquement parce que le PQ inquiète. Il faut aussi convaincre que la CAQ n'est plus la réponse. Au-delà du rejet de ses adversaires, le chef libéral doit réussir à faire émerger sa propre vision et donner envie aux électeurs de l'adopter.

Instagram @releve_caq / Instagram @liberalquebec

Pourquoi le PLQ?

C'est peut-être là que se joue la suite de sa campagne.

Parce qu'en politique, le danger n'est pas seulement de perdre des électeurs.

C'est de voir ceux qui auraient dû avoir besoin de vous découvrir qu'ils peuvent finalement voter pour quelqu'un d'autre.