20 choses scandaleuses pour lesquelles des personnes ont été humiliées publiquement au cours de l’histoire
Nous savons tous à quel point la « culture de l’annulation » peut être impitoyable, surtout quand on voit à quelle vitesse les gens tournent le dos aux personnalités publiques sur la base de rumeurs infondées. Et vous pouvez présenter toutes les excuses que vous voulez pour un tweet publié il y a plus de 10 ans, mais quelqu’un finira inévitablement par dénicher les captures d’écran ! Je préfère toutefois de loin une section de commentaires furieux à une humiliation publique qui remonte à des années. À l’époque, être « cancelé » pouvait signifier être enfermé dans un pilori, promené à travers la ville avec une pierre autour du cou, fourré dans un tonneau en bois, ou contraint de porter une lettre géante indiquant exactement ce que l’on avait fait. À vrai dire, l’humanité a toujours adoré dénoncer publiquement les gens. C’est juste qu’avant, on faisait preuve de beaucoup plus de créativité. Voici 20 raisons scandaleuses pour lesquelles des personnes ont été humiliées publiquement au cours de l’histoire.
1. « La Lettre écarlate » de Plymouth était une loi réelle, et non une fiction
La punition rendue célèbre par La Lettre écarlate n’était pas entièrement fictive. En vertu d’une loi de la colonie de Plymouth datant de 1658, toute personne reconnue coupable d’adultère devait d’abord se tenir debout sur la potence, un nœud coulant autour du cou. Après cette épreuve, elle était tenue de coudre de manière permanente une lettre majuscule « A » en tissu rouge sur ses vêtements afin que tout le monde sache du quel crime elle avait été reconnue coupable. L’enlever pouvait lui valoir d’être fouettée. Près de deux siècles plus tard, en 1850, Nathaniel Hawthorne s’est inspiré de cette pratique bien réelle du XVIIe siècle pour écrire La Lettre écarlate. Et 160 ans après cela, Emma Stone a fièrement apposé le « A » sur ses propres vêtements dans Easy A, qui, pour information, est l’un de mes films préférés de tous les temps. Quel parcours pour une petite lettre !
2. Un roi s'est agenouillé pour un meurtre qu'il n'avait pas ordonné
En 1174, le roi d’Angleterre Henri II marcha pieds nus pendant trois miles jusqu’à Canterbury, vêtu d’un sac de laine grossière. Quatre ans plus tôt, Henri s’était plaint avec colère de Thomas Becket, l’archevêque de Canterbury, ce que plusieurs de ses chevaliers avaient interprété comme un ordre royal de le tuer. Becket fut assassiné à l’intérieur de la cathédrale de Canterbury, et Henri fut largement tenu pour responsable d’avoir incité à cet attentat. Ainsi, pour se repentir publiquement de son rôle dans cette affaire, le roi se rendit au sanctuaire de Becket et se laissa fouetter par 80 moines. Cette démonstration de pénitence visait également à apaiser la pression exercée par le pape et à contribuer au rétablissement de la paix dans le royaume d’Henri.
3. La foule a transformé la sanction infligée à Defoe en une véritable fête
Lorsque Daniel Defoe fut condamné, en juillet 1703, à passer trois jours au pilori pour sa satire intitulée The Shortest-Way with the Dissenters, il écrivit un poème rendant hommage à ce dispositif, « A Hymn to the Pillory », que ses partisans vendirent à la foule rassemblée autour de lui. Mais au lieu de lui jeter des ordures, la foule acclama Defoe, leva son verre en son honneur et le couvrit de fleurs. Le pilori reposait sur la volonté du public de participer à son application.
4. Le bonnet d'âne n'a pas été conçu pour humilier qui que ce soit
À l’origine, le bonnet d’âne n’avait en réalité pas pour but d’embarrasser les enfants. Son nom vient de Jean Duns Scot, un théologien mort en 1308, dont les disciples portaient des bonnets pointus, convaincus que cette forme aidait à concentrer leurs pensées. Avec le temps, les disciples de Scotus ont été considérés par leurs détracteurs comme des pédants, et le terme « dunce » est devenu un mot d’argot désignant une personne stupide. De la fin du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle, les enseignants plaçaient un cône en papier en forme de bonnet d’âne sur la tête d’un élève lorsqu’il se comportait mal.
5. Le collier en bois chinois a fait des inconnus votre bouée de sauvetage
En Chine, un châtiment appelé « cangue » a été utilisé pour des délits tels que les petits vols, depuis la dynastie Song jusqu’en 1912. Le délinquant était enfermé dans un lourd collier en bois et contraint de rester debout à un carrefour très fréquenté pendant des semaines, souvent muni d’une pancarte indiquant à tous ce qu’il avait fait. Le collier pouvait peser entre 25 et 100 livres et était si imposant que la personne ne pouvait même pas porter la nourriture à sa bouche pour manger. Elle devait donc compter sur des membres de sa famille ou des passants compatissants pour la nourrir. Des photographies datant des années 1870 montrent à quel point ces engins pouvaient être gigantesques.
6. La robe de l'Inquisition a survécu à la honte de celui qui la portait
Les hérétiques condamnés par l’Inquisition espagnole portaient le « sanbenito », une tunique jaune ornée de croix, de flammes ou de démons pour indiquer la gravité de leur délit, ainsi qu’un haut chapeau en papier appelé « coroza ». Les condamnés étaient promus dans les rues des villes à l’occasion des autos-da-fé (actes de foi), qui se tenaient entre le XVe siècle et 1834. Après la cérémonie, le vêtement était accroché dans l’église paroissiale du condamné, avec son nom inscrit dessus, ce qui faisait honte à sa famille pendant des générations.
7. Le licou qui a réduit les femmes au silence
Dans les tribunaux anglais et écossais, les femmes reconnues coupables d’être des « harpies » (c’est-à-dire d’avoir tenu des propos perturbateurs en public) étaient placées dans un « branks », un dispositif en fer muni d’une plaque buccale qui appuyait sur la langue, puis proménées dans la ville en laisse afin de les empêcher de parler. Il s’agissait d’un châtiment en vogue de la fin du XVIe au XVIIIe siècle, et non au Moyen Âge.
8. La viande avariée a causé du tort à ceux-là mêmes qui la vendaient
Trois bouchers, dont William le Clerk, furent reconnus coupables à Londres à l’automne 1320 d’avoir vendu de la viande avariée. Condamnés au pilori, ils furent contraints d’y rester debout tandis que leur viande avariée était brûlée sous leurs pieds ; le « Letter-Book » de la ville fait état de la fumée et de l’odeur qui s’élevaient tout autour d’eux.
9. Un faux médecin portait sa supercherie autour du cou
Roger Clerk, de Wandsworth, était un faux médecin. En 1382, il soutira 12 pence à un homme en lui prescrivant un morceau de parchemin sans aucune valeur comme remède pour son épouse malade. Lorsque le maire et les échevins le reconnurent coupable de fraude, ils le firent défiler à reculons à travers Londres, à cheval et sans selle, avec deux flacons d’uroscopie (utilisés par les vrais médecins pour examiner les échantillons d’urine) suspendus à son cou.
10. Une duchesse a préféré marcher pieds nus plutôt que de se rendre à l'échafaud
En 1441, Eleanor Cobham, duchesse de Gloucester, fut reconnue coupable d’avoir consulté des astrologues et une prétendue sorcière afin de prédire la date de la mort du roi Henri VI. Son rang noble lui évita l’exécution, tandis que sa complice issue d’un milieu modeste, Margery Jourdemayne, fut brûlée à sa place. Pendant trois jours en novembre, Éléonore fit le tour des églises de Londres, vêtue d’une simple robe blanche, pieds nus, une bougie allumée à la main. Elle fut ensuite condamnée à la prison à perpétuité.
11. Prynne a perdu ses oreilles à deux reprises pour avoir écrit
L’écrivain anglais William Prynne fut puni non pas une, mais deux fois pour avoir publié des pamphlets qui avaient provoqué la colère des autorités. En 1633-1634, il fut jugé pour un pamphlet attaquant le théâtre et subit l’amputation d’une partie de ses oreilles. Puis, en 1637, il fut à nouveau traduit devant la Chambre étoilée, cette fois pour des pamphlets attaquant l’archevêque William Laud et les évêques anglicans. Sa deuxième sanction fut encore plus sévère : on lui coupa le reste de ses oreilles, il fut condamné à une amende de 5 000 livres sterling et on lui marqua les deux joues au fer rouge des lettres « S.L. », signifiant « Seditious Libeller » (diffamateur séditieux).
12. Les boulangers londoniens se sont fait piéger par leur propre stratagème
Le boulanger londonien John Brid et d’autres avaient aménagé une trappe sur le côté de leur table de pétrissage afin qu’un complice, assis en dessous, puisse prélever de la pâte pour les clients pendant la cuisson. En 1327, cette fraude fut dénoncée aux autorités, et le tribunal du maire ordonna que les boulangers soient promenés dans les rues et mis au pilori, avec des morceaux de la pâte volée suspendus à leur cou. Cette affaire est consignée dans le Liber Albus.
13. Les commères de Mulhouse ont gravé leur péché dans la pierre
Dans la ville alsacienne de Mulhouse, les personnes reconnues coupables de diffamation étaient contraintes de porter le « Klapperstein », ou « pierre à commérages ». Le Klapperstein était un bloc de pierre pesant entre 20 et 26 livres, sculpté en forme de visage hideux avec la langue tirée. Il était suspendu à une chaîne autour du cou. Du XVe siècle à 1781, les personnes reconnues coupables de diffamation devaient porter la pierre à commérages en traversant la ville les jours de marché. Les archives indiquent que tant les hommes que les femmes étaient soumis à cette punition.
14. Les menteurs portaient l'outil qui affûte les lames
En Angleterre, aux XIVe et XVe siècles, la peine infligée pour parjure consistait à placer une lourde pierre à aiguiser autour du cou du coupable, avant de le faire défiler à travers la ville ou de l’enfermer au pilori, parfois muni d’une pancarte indiquant le contenu de sa fausse déclaration. Une pierre à aiguiser sert à affûter les lames, symbolisant ainsi une langue aiguisée par les mensonges. Je dois admettre que c’est une métaphore plutôt réussie.
15. Se reposer le dimanche pourrait vous valoir d'être mis au pilori
Dans la Nouvelle-Angleterre puritaine et l’Écosse presbytérienne, où les activités non religieuses le dimanche étaient interdites et cette interdiction était appliquée en public, ceux qui étaient surpris en train de siffler, de travailler ou de ramasser des coquillages étaient placés au carcan, qui immobilisait les chevilles en position assise, contrairement au pilori, qui maintenait les personnes en position debout. Les tribunaux les plaçaient devant l’église afin qu’ils soient vus et réprimandés par les fidèles à leur arrivée au service religieux.
16. L'Angleterre a contraint les pauvres à afficher leur pauvreté
Imaginez être contraint de montrer au monde entier que vous êtes en difficulté financière. Eh bien, c’est exactement ce qu’imposait la loi anglaise de 1697 sur le port d’un insigne (Badging Act). Toute personne bénéficiant d’une aide aux plus démunis de la paroisse, y compris son conjoint et ses enfants, était tenue de porter sur l’épaule droite un morceau de tissu rouge ou bleu arborant un grand « P » et l’initiale de sa paroisse. Je crois que j’en mourrais de honte ; la vie est déjà assez difficile comme ça ! Ne pas respecter cette obligation entraînait la perte de l’aide aux plus démunis ou l’envoi aux travaux forcés. Cette loi est restée en vigueur jusqu’en 1810.
17. Les ivrognes de Newcastle portaient leur punition comme un déguisement
À Newcastle-upon-Tyne et dans certaines régions d’Allemagne, aux XVIe et XVIIe siècles, les ivrognes récidivistes étaient enfermés dans un tonneau en bois sans fond, muni d’un trou pour la tête et les bras, puis promenés dans les rues du marché. Cette pratique est principalement mentionnée dans le récit de Ralph Gardiner datant de 1655 et semble avoir été une coutume locale plutôt qu’une politique nationale anglaise.
18. Ce sont les voisins, et non les tribunaux, qui ont jugé ce mariage
Lorsque, dans l’Angleterre rurale du début de l’époque moderne, une femme dominait ou battait son mari, les voisins réagissaient par une cérémonie d’humiliation publique appelée « Skimmington Ride », une coutume populaire attestée jusqu’en 1917 dans le Dorset. Mais ce n’était pas la femme qu’ils humiliaient. Non, c’était l’homme… la victime ! Une foule se rassemblait devant la maison du couple et frappait sur des casseroles et des poêles. Ensuite, ils prenaient le mari, ou un voisin volontaire qui le remplaçait, l’installaient à l’envers sur un âne ou une longue perche, et le faisaient défiler dans les rues.
19. Burns s'est assis sur le tabouret que tout le monde redoutait
Les « Kirk Sessions » écossaises utilisaient le « Stool of Repentance » (siège du repentir), un siège surélevé tourné vers la chaire, pour punir les personnes qui avaient eu des relations sexuelles avant le mariage. En 1784, le poète Robert Burns s’y est assis. Les contrevenants étaient contraints de s’y asseoir vêtus d’un sac pendant plusieurs dimanches, tandis que le pasteur prononçait des sermons condamnant leur péché. Les plus aisés pouvaient payer une « amende des fesses » pour y échapper. Quelques pasteurs écossais du XVIIIe siècle craignaient que la honte qui en résultait n’incite les femmes célibataires à s’enfuir ou à cacher leur grossesse.
20. Les foules de « Liberation » ont trouvé leurs propres cibles
Au plus fort de la Libération de la France en 1944, des foules et des membres de la Résistance ont traîné dans les rues quelque 20 000 femmes, surnommées « les tondues », soupçonnées de « collaboration horizontale » avec les occupants allemands. Les femmes accusées étaient arrêtées sur les places publiques et rasées ; souvent, on leur gravait également une croix gammée avec du goudron, puis on les faisait défiler pieds nus dans les rues pour qu’on leur crache dessus et qu’on les photographie. Aucune de ces pratiques n’a jamais relevé d’une politique officielle du gouvernement.
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