- Cinq chefs, cinq visions du rôle de l'État.
- Des propositions qui touchent directement le quotidien.
- Réduire, transformer ou renforcer l'intervention publique.
- Éducation, logement et infrastructures au cœur des débats.
- Une campagne qui révèle déjà de profondes divergences.
Les cinq chefs de partis présents aux conférences de presse ont présenté des propositions qui, au-delà de leurs différences, dessinent une même question de fond: quel modèle d'État le Québec doit-il privilégier pour les prochaines années à venir? Les principales annonces de la matinée touchent à la réglementation, à la taille de l'appareil public, à l'éducation, à l'accès à la propriété et aux infrastructures.
Éric Duhaime, du Parti conservateur du Québec, mise sur une réduction des barrières entre les provinces. Il propose notamment de favoriser la reconnaissance mutuelle des biens, des services et des titres professionnels, tout en harmonisant certaines règles du camionnage. Il souhaite également faciliter la vente d'alcool entre les provinces.
Christine Fréchette, de la Coalition avenir Québec, place plutôt l'accent sur la réduction de la taille de l'État et de ses dépenses. Elle propose une équipe consacrée à la simplification de la réglementation, une transformation numérique accélérée et davantage de mise en concurrence avec le secteur privé. Elle veut aussi abolir 2900 postes supplémentaires de fonctionnaires.
Paul St-Pierre Plamondon, du Parti québécois, propose pour sa part de tenir des états généraux sur l'éducation dans les 100 premiers jours d'un gouvernement péquiste. Cinq grands chantiers seraient au cœur de la démarche, notamment sur le décrochage, la formation professionnelle, la culture québécoise, le sport, le civisme et la mixité scolaire.

Deux philosophies autour de l'intervention de l'État
Les propositions de Ruba Ghazal et de Charles Milliard ajoutent une dimension à cette réflexion sur le rôle de l'État. La porte-parole de Québec solidaire veut faciliter l'accès à la propriété grâce à des prêts pour la mise de fonds pouvant atteindre 15% pour une maison neuve et 5% pour une maison existante. Elle propose un projet pilote de 2000 propriétés abordables.
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, mise sur les infrastructures. Il propose d'augmenter le Plan québécois des infrastructures à 195 milliards de dollars sur dix ans. De cette somme, 75% seraient consacrés au maintien des infrastructures jusqu'à ce que la majorité d'entre elles soient dans un état satisfaisant.

Cinq réponses à une même question claire
De la réduction des barrières interprovinciales à la transformation de l'État, en passant par la réforme de l'éducation, l'aide à l'accès à la propriété et les investissements dans les infrastructures, les cinq annonces présentent des directions très différentes.
Duhaime veut faciliter les échanges et réduire certaines barrières. Fréchette veut alléger l'appareil gouvernemental. St-Pierre Plamondon veut entreprendre une vaste réflexion sur l'éducation. Ghazal propose une intervention ciblée pour aider davantage de citoyens à devenir propriétaires. Milliard veut accroître les investissements publics et prioriser le maintien des infrastructures.
En quelques heures seulement, la campagne aura donc offert cinq réponses différentes à une même question: où et comment l'État québécois doit-il intervenir dans les prochaines années?
