Un nouveau sondage révèle que la plupart des Albertains souhaitent rester en Alberta
Alors qu’un nouveau référendum se profile à l’horizon de la scène politique albertaine, dont le vote est prévu en octobre, un nouveau sondage publié par l’Institut Angus Reid affirme que la plupart des Albertains souhaitent en réalité rester au sein du Canada. Contrairement à ce qu’a affirmé le mouvement séparatiste ces dernières semaines, le sondage d’Angus Reid indique que plus de 60 % des Albertains souhaitent en réalité rester au sein du Canada. Le 1er juin, l’Institut Angus Reid, le premier institut de sondage au Canada, a publié un sondage détaillé indiquant que trois Albertains sur cinq souhaitent rester au sein du Canada. Le sondage révèle également que plus de la moitié des Albertains estiment que la première ministre Danielle Smith n’a pas su gérer cette question de manière satisfaisante dans son ensemble.
Trois Albertains sur cinq souhaitent rester dans le pays
Le sondage publié par Angus Reid a été mené auprès de 800 adultes albertains, sélectionnés au hasard parmi les membres de l’Angus Reid Forum, un panel en ligne dont les résultats présentent une marge d’erreur de seulement 3 %. Il en ressort que, dans l’ensemble, 60 % des Albertains souhaitent que leur province reste au sein du Canada plutôt que de devenir un pays indépendant. Il est important de noter que le soutien au séparatisme varie considérablement en fonction de l’affiliation politique, de l’âge et du niveau de richesse des personnes interrogées. Alors que 90 % des électeurs du NPD souhaitent rester au sein du Canada, 64 % des électeurs conservateurs souhaitent se séparer du Canada. La répartition par tranche d’âge est également révélatrice, le soutien au séparatisme augmentant avec l’âge des participants. Ce soutien varie également considérablement en fonction de la région de résidence des participants, les Albertains des grandes villes ne manifestant qu’un faible soutien au mouvement.
Une question qui prête à confusion
Une question intéressante posée par le sondage Angus Reid porte sur la formulation exacte de la question référendaire qui figurera sur le bulletin de vote en octobre 2026. La question relative à la séparation compte pas moins de 37 mots, au lieu d’être un simple choix entre « quitter » et « rester ». La question dans son intégralité prête à confusion, est difficile à lire et, dans l’ensemble, bien trop longue.
« L’Alberta doit-elle rester une province du Canada, ou le gouvernement de l’Alberta doit-il entamer la procédure juridique prévue par la Constitution canadienne afin d’organiser un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l’Alberta doit ou non se séparer du Canada ? »
Question du référendum en Alberta
Expérience à partir d'une question
Angus Reid a tenté une expérience autour de cette question. Angus Reid a interrogé des participants en leur présentant le « roman » de 37 mots rédigé par le gouvernement provincial. L’institut a ensuite posé la question, mais en la formulant sous la forme d’un simple choix entre « rester » et « partir ». Face à la question de 37 mots, 60 % des Albertains ont voté pour rester au sein du Canada ; face à un choix simple « rester/quitter », 67 % des Albertains interrogés ont voté pour rester. Bien que la différence soit minime (seulement 7 %), cela montre que l’Alberta n’a pas su formuler efficacement une question qui a un impact sur l’avenir de la province.
Danielle Smith fait un « mauvais » travail
Angus Reid a également interrogé les Albertains sur la manière dont, selon eux, Danielle Smith a géré la question dans son ensemble. Le sondage posait la question suivante : « Comment diriez-vous que la première ministre Danielle Smith a géré cette question jusqu’à présent ? » La première ministre, qui fait l’objet de nombreuses controverses, n’a pas réussi à obtenir une majorité d’avis favorables concernant ses actions. Même si la majorité des Albertains estime qu’elle a mal géré la question, ses résultats ne sont pas si mauvais. Cinquante-sept pour cent des Albertains estiment qu’elle a mal géré la situation, un chiffre inférieur aux 60 % qui souhaitent rester dans le pays. Cela signifie donc que, dans une certaine mesure, Mme Smith a atteint son objectif.
Smith souhaite que l'Alberta reste une province
Danielle Smith a déclaré publiquement qu’elle souhaitait que l’Alberta reste une province, mais elle s’est efforcée de faire en sorte que les séparatistes se sentent écoutés et pris en considération. Il est clair qu’elle bénéficie toujours du soutien des séparatistes, ainsi que de celui de certaines personnes qui ne soutiennent pas le mouvement séparatiste.
Carney critique le mouvement
Le Premier ministre canadien Mark Carney n’a pas caché son désaccord avec le mouvement séparatiste. Le 1er juin, Mark Carney s’est exprimé au sujet de la séparation. Il a affirmé que la formulation de la question référendaire par Smith n’était « pas utile » aux efforts d’unification auxquels son gouvernement s’est engagé.
Carney compare l'Alberta au Brexit
Il a également qualifié cette séparation potentielle de « bluff dangereux » et l’a comparée au Brexit, c’est-à-dire à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. La comparaison avec le Brexit n’est pas sans fondement, car tout comme le montrent les données démographiques par tranche d’âge recueillies par Angus Reid, le soutien au séparatisme est nettement plus élevé chez les Albertains plus âgés. Lorsque le Royaume-Uni s’est séparé de l’UE, ce sont les Britanniques âgés de 55 ans ou plus qui ont fini par prendre la décision pour l’ensemble du pays, en votant massivement en faveur de la sortie.
Les séparatistes vont-ils céder ?
L’une des questions qui préoccupent les Albertains pro-Canada est de savoir si le puissant mouvement séparatiste fera preuve de souplesse si l’Alberta vote en faveur du maintien de son statut de province. Le sondage Angus Reid a révélé que 70 % des personnes interrogées estiment que les séparatistes « n’accepteront jamais le résultat » si l’Alberta vote pour rester au sein du Canada. Quarante et un pour cent de ceux qui se sont déclarés partisans du séparatisme ont affirmé qu’ils n’accepteraient pas le résultat si l’Alberta votait contre le mouvement, ce qui risque de créer une fracture potentiellement dangereuse dans l’une des provinces les plus peuplées du Canada.