L’Iran a déclaré ce vendredi 3 avril avoir abattu un avion de chasse américain grâce à un système de défense aérienne. L’un des deux membres de l’équipage a été localisé et secouru par les forces spéciales américaines.
Or, les recherches pour retrouver le second se poursuivent, ont déclaré à Axios un responsable israélien et une deuxième source proche du dossier. Il s’agit de la première perte connue d’un appareil depuis le début de l’offensive lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février.
Un pilote retrouvé, l’Iran propose une récompense
L’armée iranienne, elle, mène des recherches pour retrouver le deuxième pilote de l’avion, rapporte l’agence de presse iranienne Fars, dépendant du corps des Gardiens de la révolution.
La télévision d’État iranienne a même lancé un appel à la population pour inciter cette dernière à aller sur les lieux afin de les retrouver. «Si vous capturez le ou les pilotes ennemis vivants et les remettez à la police et aux forces armées, vous recevrez une généreuse récompense», a indiqué la police iranienne via un message lu à l’antenne.
Dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad
Selon le communiqué de la police lu à la télévision, l’avion aurait été ciblé alors qu’il survolait le centre de l’Iran pour ensuite être abattu dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest). Une chasse à l’homme est donc lancée.
Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le déploiement d’importants moyens aériens américains, soit avions de recherche et de sauvetage HC-130J, hélicoptères d’attaque Black Hawk accompagnés d’avions ravitailleurs KC-130, avion d’attaque au sol A-10 et drones MQ-9, indique le Figaro.
«Se planquer et essayer de se signaler à ses camarades»
Selon un pilote de chasse occidental interrogé par l’AFP, la première chose à faire en cas d’éjection au-dessus d’un territoire hostile, «c’est de se planquer et d’essayer de se signaler à ses camarades».
Pour cela, chaque pilote porte un gilet de combat contenant une balise codée radio-GPS afin de transmettre sa position. Des procédures pour rejoindre «une zone préférentielle» en cas d’éjection peuvent avoir été mises en place.
Un avion de chasse F-15
Dans la matinée de vendredi, Fars a annoncé que l’armée idéologique du régime était parvenue à abattre un F-35.
Or, plusieurs spécialistes de l’aéronautique ont affirmé, à l’appui des images des débris diffusées par les Iraniens, qu’il s’agissait d’un avion de chasse F-15, qui appartient à une génération antérieure au F-35, et plus probablement d’un F-15E Strike Eagle, la version modernisée de l’Eagle.
Le premier tir réussi de l’Iran
Préalablement, ce jeudi 2 avril, les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir abattu un autre «avion de chasse ennemi de pointe» – sans préciser s’il s’agissait d’un F-35 – au-dessus du détroit d’Ormuz, entre les îles de Qashm et de Hengam.
Aucune image n’a été publiée par les médias iraniens à l’appui de cette déclaration. En réaction à cela, le Centcom américain (le centre de commandement responsable des opérations militaires au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Asie du Sud) a affirmé sur X que «tous les avions de chasse américains étaient comptabilisés» et que «le corps des gardiens de la Révolution avait formulé la même fausse allégation au moins six fois».
Le 19 mars dernier, les Iraniens étaient déjà parvenus à toucher un chasseur furtif américain F-35 engagé dans une opération de combat. Or, l’appareil était parvenu à atterrir en urgence sur une base américaine au Moyen-Orient, malgré des dégâts.
Cela constituait le premier tir réussi contre un appareil américain depuis le début de la guerre.
Des F-15 abattus par erreur au Koweït
Cette fois-ci, l’avion de chasse engagé dans le ciel iranien a bel et bien été abattu vendredi, soit une première depuis le début de la guerre, même si trois F-15 avaient déjà été détruits le 2 mars par erreur en raison d’un «tir ami» de la défense aérienne koweïtienne.
Selon le Centcom, les six membres d’équipage s’étaient éjectés des appareils, sains et saufs.
Les tensions s’intensifient
L’incident suit une nouvelle journée où les tensions montent et les frappes américano-israéliennes se poursuivent contre l’Iran. En parallèle, Téhéran a encore lancé des missiles sur Israël et des monarchies du Golfe, alliées des États-Unis, répondant aux attaques adverses et aux menaces de Donald Trump de ravager ses infrastructures.
L’armée israélienne n’a pas détaillé les lieux ciblés, mais la radio militaire a parlé de dégâts dans une gare de Tel-Aviv. Selon les médias iraniens, les Gardiens de la Révolution ont visé cette ville et la station balnéaire d’Eilat (Sud).