20 traditions de mariage qui paraissent encore plus étranges quand on en connaît les origines
Je viens d’une longue lignée de personnes superstitieuses, et dès qu’une situation familiale s’y prête, les aînés semblent toujours avoir une vieille croyance à sortir de leur manche. J’ai passé une bonne partie de ma vie à m’entendre dire de ne pas faire certaines choses étrangement précises, pour des raisons qui se résument généralement à « parce qu’on nous l’a toujours dit » ou « fais-le, ça ne fait de mal à personne ». Naturellement, cela m’a donné très envie de découvrir qui était à l’origine de ces croyances. Les traditions de mariage s’y prêtent particulièrement bien, car beaucoup d’entre elles semblent aujourd’hui charmantes et romantiques, jusqu’à ce qu’on apprenne que leurs origines impliquaient des démons, des contrats juridiques, des questions de propriété ou encore quelqu’un essayant désespérément d’échapper à une foule d’invités. Voici 20 traditions de mariage qui deviennent bien plus étranges une fois qu’on connaît leur origine.
1. La robe blanche de la reine Victoria a permis de sauver l'industrie de la dentelle
Contrairement à une idée reçue, la robe de mariée blanche ne symbolisait pas à l’origine la pureté — pas même lorsque la reine Victoria elle-même épousa le prince Albert en 1840, vêtue d’une robe en satin blanc ornée de dentelle de Honiton faite main. Ce symbolisme fut popularisé plusieurs décennies plus tard par la presse de mode victorienne. À cette époque, les robes blanches étaient simplement un signe de richesse, principalement parce que cette couleur nécessitait un entretien coûteux. Une autre raison expliquait le port de cette robe : il s’agissait d’un coup de pouce délibéré au commerce britannique de la dentelle.
2. Le lancer du bouquet était à l'origine une tactique pour s'échapper
L’un des moments les plus chaotiques d’un mariage est le lancer du bouquet. J’ai vu des femmes bousculer d’autres femmes pour s’emparer du bouquet de la mariée, car l’attraper signifie que l’on sera la prochaine à se marier. Le lancer du bouquet n’a toutefois pas toujours été un jeu. Il s’agissait à l’origine d’un moyen de contrôler la foule. D’après des récits de mariages français et anglais du XIVe siècle, les invités croyaient qu’obtenir un morceau de la robe de la mariée portait chance, et la foule s’arrachait parfois ses vêtements pour l’obtenir. Afin de rejoindre la chambre nuptiale saines et sauves, les mariées lançaient leur bouquet pour créer une diversion.
3. Le lancer de la jarretière était une preuve juridique, et non un jeu festif
Le lancer de la jarretière, considéré aujourd’hui comme une tradition nuptiale controversée, trouve ses origines au Moyen Âge. À cette époque, il arrivait que les invités suivent les mariés jusque dans leur chambre jusqu’à ce qu’il soit prouvé que l’union avait été consommée. Pour empêcher la foule d’entrer et protéger la mariée, le marié lui retirait sa jarretière et la jetait hors de la pièce.
4. Pourquoi la bague se porte-t-elle au quatrième doigt ? Une erreur anatomique romaine
L’écrivain romain Aulus Gellius a fait état d’une croyance selon laquelle il existerait une veine particulière qui relierait directement le quatrième doigt de la main gauche au cœur. Cette « vena amoris » n’existe pas réellement, mais cette croyance a perduré suffisamment longtemps pour influencer, en Occident, le choix du doigt sur lequel on porte l’alliance depuis des siècles.
5. Le mot « mariage » trouve son origine dans un engagement financier médiéval
Vous êtes-vous déjà demandé d’où venait le mot « mariage » ? Eh bien, en vieil anglais, le mot « wedd » désignait un engagement ou une garantie. Le marié versait cette caution au tuteur de la mariée en échange de son contrat de mariage avec elle. Des lois mentionnant cette pratique, datant du VIIe au XIe siècle, figurent dans le document du XIIe siècle intitulé Textus Roffensis. Bien que ce mot ait survécu en anglais sous une forme modifiée, sa signification romantique est entièrement le fruit de notre imagination.
6. Les cadeaux du matin chez les Anglo-Saxons faisaient de leurs épouses des propriétaires foncières
Le « morgengifu », ou « cadeau du matin », était un don que la loi anglo-saxonne obligeait le mari à offrir à son épouse le lendemain matin de leur nuit de noces. Le mari offrait à son épouse des terres, de l’argent ou du bétail, dont elle était propriétaire indépendamment de lui. C’était l’un des rares moyens dont disposaient les femmes pour acquérir une certaine indépendance financière au début du Moyen Âge.
7. Un glaçage victorien dur comme de la pierre a contraint les couples à couper le gâteau ensemble
À l’époque victorienne, les gâteaux de mariage étaient souvent recouverts de « royal icing », un glaçage à base de sucre raffiné et de blancs d’œufs qui, en séchant, formait une croûte dense et impénétrable. La main du marié posée sur celle de la mariée servait à percer cette croûte dure comme du béton. Mais cette nécessité pratique a ensuite été réinterprétée comme un rituel romantique.
8. Les cloches des églises étaient utilisées comme armes acoustiques contre les esprits
Une fois le mariage terminé, les cloches de l’église sonnaient avec force pour briser toute malédiction et chasser les mauvais esprits censés rôder autour des jeunes mariés. Ces carillons n’étaient pas destinés uniquement aux oreilles humaines. L’idée selon laquelle un tumulte physique pouvait perturber la magie populaire était bien documentée dans l’Europe du Haut Moyen Âge.
9. L'expression « tying the knot » (se marier) trouve son origine dans une véritable cérémonie consistant à nouer une corde
Dans les communautés celtiques et nordiques, il existait autrefois un rituel appelé « handfasting », au cours duquel les mains des mariés étaient liées à l’aide de rubans ou de cordons. Le fait de lier littéralement les mains symbolisait une union juridiquement contraignante, et c’est de là que vient l’expression « faire le nœud ».
10. Frapper sur des casseroles et des poêles pour effrayer les esprits de la nuit de noces
Il arrive parfois de voir des boîtes de conserve accrochées à l’arrière de la voiture d’un couple après leur mariage. Cette coutume remonte à la France médiévale et au « charivari », connu plus tard sous le nom de « shivaree ». Elle consistait à frapper sur des casseroles et des poêles devant la maison des jeunes mariés afin d’effrayer les esprits et de tourmenter le couple lors de leur nuit de noces.
11. Le terme « lune de miel » était à l'origine une insulte, et non une tradition
Bien que l’on croie généralement que le terme « lune de miel » trouve son origine dans la coutume consistant à boire de l’hydromel pendant les trente jours suivant un mariage, cette explication n’est en réalité qu’une légende populaire. En réalité, le terme « lune de miel » a été utilisé pour la première fois par les écrivains anglais John Heywood (1546) et Richard Huloet (1552), qui l’ont employé de manière cynique pour dire que la douce période de la lune de miel était éphémère, à l’image des phases de la lune.
12. Le fait de porter la mariée pour franchir le seuil visait à éviter les mauvais présages
Les Romains de l’Antiquité considéraient les seuils de porte comme des lieux dangereux, gardés par des dieux tels que Vesta, et estimaient que trébucher en entrant dans une nouvelle maison était un présage extrêmement malchanceux. C’est pourquoi le marié portait la mariée pour franchir le seuil, en la tenant fermement afin que ses pieds ne touchent jamais le sol, un geste que l’historien grec Plutarque a décrit il y a plusieurs siècles, ce qui en fait bien plus qu’un simple geste romantique des temps modernes.
13. Les bagues de fiançailles romaines étaient de simples contrats en fer, et non des bijoux
Pline l’Ancien a évoqué dans son ouvrage Histoire naturelle l’« annulus pronubus » : cet anneau de fer tout simple que les fiancés romains offraient à leur future épouse en guise de confirmation légale de leur accord concernant les conditions financières des fiançailles. Ces anneaux étaient loin d’être charmants, conçus davantage dans un souci de praticité que d’affection.
14. « Quelque chose de bleu » et une pièce de six pence étaient des porte-bonheur contre la malchance
La pièce de six pence glissée dans la chaussure gauche de la mariée n’était pas un simple caprice, mais un porte-bonheur destiné à attirer la prospérité financière. Elle fait partie d’une vieille comptine qui dit : « quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d’emprunté, quelque chose de bleu, et une pièce de six pence dans sa chaussure », la couleur bleue servant également de protection contre le mauvais œil. Cette comptine a été consignée pour la première fois en 1871, dans le folklore du Lancashire.
15. Le voile romain était destiné à protéger la mariée des démons
Le voile de mariée trouve probablement son origine dans le « flammeum », un voile épais, de couleur flamme, qui recouvrait entièrement la mariée romaine, de la tête aux pieds. Des auteurs de l’Antiquité, notamment le poète Catulle et l’historien Pline, font référence au flammeum dans leurs récits sur les mariages romains.
16. Jeter des céréales était un tribut offert à la déesse des récoltes
Les Romains de l’Antiquité jonchaient les jeunes mariés de blé et d’orge crus en guise d’offrande à Cérès, la déesse de l’agriculture, afin que leur union soit bénie par la fécondité et la prospérité. C’est très probablement ce qui a donné naissance à la tradition actuelle consistant à lancer du riz ou des confettis sur les mariés.
17. « La remise de la mariée » constituait un transfert légal de propriété
« Remettre » la mariée n’était pas une bénédiction. Dans les premières lois germaniques et anglo-saxonnes, les femmes étaient considérées comme des personnes à charge, en vertu d’une doctrine appelée « mundium », ou tutelle. Cet acte n’avait rien à voir avec la bénédiction du mariage ; il s’agissait d’un transfert juridique du « mundium » d’une femme de son père à son mari, comme l’attestent les codes juridiques qui nous sont parvenus.
18. Un gâteau de marié de style victorien a été emballé sous le nom de « pain des rêves »
Avant l’apparition de la tradition américaine du « gâteau du marié », les Victoriens avaient coutume de préparer pour le marié un gâteau noir, imprégné d’alcool. Les jeunes filles célibataires présentes à la réception emportaient chez elles des parts emballées dans des boîtes et les plaçaient sous leur oreiller ; cette nuit-là, elles pouvaient rêver de l’homme qu’elles étaient destinées à épouser.
19. Les « bridal showers » américaines ont vu le jour sous la forme de rencontres sociales en milieu urbain
Si une légende populaire attribue l’origine de la « bridal shower » à des villageois néerlandais qui auraient « comblé » une future mariée de cadeaux lorsque son père lui avait refusé une dot, les premières célébrations connues ont en réalité eu lieu à la fin du XIXe siècle dans les villes américaines. À cette époque, les gens se réunissaient avant les mariages pour offrir des articles ménagers à la future mariée alors qu’elle s’apprêtait à fonder son nouveau foyer.
20. Le « jumping the broom » était un mariage que la loi refusait de reconnaître
Dans le Sud américain d’avant la guerre de Sécession, les Noirs réduits en esclavage n’étaient pas autorisés à se marier légalement ; les couples ont donc créé leurs propres cérémonies sacrées, entérinées par la communauté. Comme l’ont documenté des chercheurs tels que le Dr Tyler D. Parry, le fait de sauter par-dessus un balai posé au sol symbolisait le passage des couples vers un avenir commun, en laissant (en balayant) le passé derrière eux.
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