Trump veut que les criminels récupèrent leurs armes à feu même après une condamnation
Certains Américains ayant fait l'objet d'une condamnation pénale pourraient recouvrer leur droit de posséder une arme à feu dans le cadre d'une nouvelle procédure mise en place par l'administration Trump. Le 17 août, le ministre de la Justice américain, Todd Blanche, a finalisé un règlement fédéral établissant, au sein du ministère de la Justice, une procédure permettant aux personnes interdites de possession d'armes à feu en raison de condamnations pénales antérieures de demander le rétablissement de leurs droits fédéraux en la matière. Cette mesure relance un mécanisme prévu par la loi fédérale qui était resté de facto inopérant pendant plus de trois décennies, après que le Congrès eut cessé de financer le programme précédent géré par le Bureau de l'alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF). L'administration présente ce nouveau système comme s'inscrivant dans le cadre de ses efforts plus larges visant à renforcer les protections garanties par le deuxième amendement, tout en affirmant que les demandeurs susceptibles de représenter une menace pour la sécurité publique devraient continuer à se voir interdire la possession d'armes à feu.
Cette nouvelle procédure ne signifie pas que toute personne ayant fait l'objet d'une condamnation pénale pourra recouvrer ses droits en matière d'armes à feu. Le ministère de la Justice prévoit en effet d'évaluer chaque demande au cas par cas, en examinant les circonstances de la condamnation ainsi que le casier judiciaire, le comportement, la moralité et la réputation du demandeur depuis lors. Les personnes ayant un casier judiciaire lié à des infractions financières, des crimes contre les biens et certaines infractions non violentes liées à la drogue pourraient potentiellement être éligibles, en fonction de leur situation particulière. L'administration a adopté une ligne de conduite beaucoup plus stricte à l'égard des personnes condamnées pour des crimes violents et d'autres catégories qu'elle considère comme présentant un risque plus élevé. Les délinquants sexuels enregistrés et les immigrés sans papiers font également partie de ceux qui devraient rester inéligibles, tandis que la loi fédérale restreint séparément la possession d'armes à feu pour les personnes condamnées pour des délits de violence domestique. Le ministre de la Justice conserve un pouvoir discrétionnaire quant à l'octroi final de cette mesure.
« Le deuxième amendement n'est pas un droit de seconde zone, et le gouvernement fédéral ne devrait pas priver définitivement les Américains d'un droit constitutionnel sans tenir compte du fait qu'ils représentent ou non un danger pour la sécurité publique. »
– Todd Blanche, procureur général des États-Unis
L'ampleur du programme pourrait faire de cet examen au cas par cas une tâche considérable pour le ministère de la Justice. Les responsables prévoient environ 330 000 demandes au cours de la première année, alors que les estimations du gouvernement évaluaient auparavant à plus de 25 millions le nombre d'Américains interdits de possession d'armes à feu en raison de condamnations pour crimes graves uniquement. Les demandeurs devront démontrer que leur situation et leur casier judiciaire ultérieur indiquent qu'ils sont peu susceptibles d'adopter un comportement susceptible de mettre en danger la sécurité publique et que le rétablissement de leurs droits ne serait pas contraire à l'intérêt général, conformément à la norme établie par la loi fédérale. Le FBI devrait également soutenir ce programme en effectuant des vérifications d'antécédents et en fournissant des informations sur l'éligibilité au ministère de la Justice, créant ainsi un niveau supplémentaire de contrôle avant que le gouvernement ne décide si un demandeur doit recouvrer ses droits fédéraux en matière d'armes à feu.

Cette nouvelle politique marque le retour d'un mécanisme fédéral de dérogation qui était resté largement inaccessible aux particuliers pendant plus de trois décennies. Le Congrès avait créé, en vertu de l'article 18 U.S.C. § 925(c), une procédure permettant aux personnes soumises à des restrictions fédérales en matière d'armes à feu de demander une dérogation, mais les législateurs avaient cessé de financer ce programme en 1992. L'administration Trump a désormais rétabli l'examen au cas par cas par l'intermédiaire du ministère de la Justice, le procureur général supervisant le processus. La règle définitive devrait entrer en vigueur 30 jours après sa publication au Federal Register. Tout rétablissement accordé dans le cadre de ce programme ne s'appliquera qu'aux restrictions fédérales en matière d'armes à feu, ce qui signifie que les interdictions distinctes imposées par la législation des États resteront en vigueur et pourraient toujours empêcher un individu de posséder légalement une arme à feu.

L'administration présente cette initiative à la fois comme une question relevant du deuxième amendement et comme un examen de la sécurité publique, plutôt que comme un rétablissement généralisé des droits en matière d'armes à feu. Blanche a défendu cette politique en déclarant : « Le deuxième amendement n'est pas un droit de seconde zone, et le gouvernement fédéral ne devrait pas priver définitivement les Américains d'un droit constitutionnel sans tenir compte du fait qu'ils représentent ou non un danger pour la sécurité publique. Cette règle établit une procédure de bon sens qui protège le public tout en offrant aux Américains qui le méritent une véritable voie vers le rétablissement de leurs droits.» Le ministère de la Justice a toutefois mis en place des présomptions fortes contre l'approbation des demandeurs dont les antécédents indiquent des risques accrus. Certains crimes violents peuvent entraîner un refus présumé définitif, tandis que d'autres infractions peuvent donner lieu à des périodes de cinq ou dix ans pendant lesquelles les demandes seront généralement rejetées, sauf circonstances exceptionnelles.
« Cette règle instaure une procédure de bon sens qui protège le public tout en offrant aux Américains qui le méritent une véritable voie vers la réhabilitation. »
– Todd Blanche, ministre américain de la Justice
Cette politique risque d'exacerber un débat de longue date sur la question de savoir si l'interdiction de posséder des armes à feu doit rester permanente après qu'une personne a purgé sa peine. L'administration fait valoir que des examens individualisés permettent de distinguer les demandeurs qui continuent de représenter un danger de ceux dont les condamnations passées ne devraient plus les empêcher automatiquement d'exercer les droits garantis par le deuxième amendement. Dans le même temps, le programme maintient des obstacles importants pour les personnes condamnées pour des infractions violentes, les délinquants sexuels inscrits au registre et d'autres personnes considérées comme un risque permanent pour la sécurité publique. Avec environ 330 000 demandes attendues au cours de la première année, le ministère de la Justice pourrait bientôt être confronté à un test de taille : celui de déterminer s'il est possible d'opérer cette distinction de manière cohérente au cas par cas. Le programme ne remet pas non plus en cause les restrictions étatiques en matière d'armes à feu, garantissant ainsi que l'autorisation fédérale ne rétablira pas nécessairement la capacité d'une personne à posséder légalement une arme à feu partout dans le pays.
