Québec 2026: le référendum vole la vedette aux chefs pendant le 2e débat

Québec 2026: le référendum vole la vedette aux chefs pendant le 2e débat
Crédit: Cinq chefs, 20 duels, un référendum omniprésent, tension palpable
  • 20 duels, cinq chefs, très peu de répit.
  • Un mot revient beaucoup plus souvent que prévu.
  • Le troisième lien s'invite encore dans la mêlée.
  • Santé et services publics provoquent des échanges corsés.
  • Chaque chef tente d'imposer son propre terrain.

Il devait être question d'économie, de services publics et de l'avenir du Québec. Il a finalement beaucoup été question d'un mot que Christine Fréchette avait visiblement décidé de ne pas laisser dormir dans un coin du studio: référendum.

Dès les premières minutes du Grand Débat des chefs de Noovo, la cheffe caquiste s'en prend à Paul St-Pierre Plamondon et à son projet souverainiste. Son argument est simple: un référendum créerait de l'incertitude au moment où le Québec doit plutôt se concentrer sur son économie et ses services. Fréchette revient ensuite à cette idée à plusieurs reprises, même lorsque les thèmes changent.

PSPP, lui, refuse de laisser toute la soirée être avalée par la question référendaire. Chaque fois qu'on l'attaque sur la souveraineté, il tente de ramener la conversation vers le bilan de la CAQ. Santé, finances publiques, gestion gouvernementale, projets controversés: les exemples fusent. Il veut démontrer qu'une élection ne devrait pas se résumer à une seule question.

Et voilà le paradoxe de la soirée. Alors que plusieurs chefs cherchent à atteindre PSPP, qui arrive au débat après avoir été placé en tête dans plusieurs sondages, Christine Fréchette doit régulièrement défendre son propre bilan. Charles Milliard et Éric Duhaime lui emboîtent le pas sur plusieurs dossiers.

Le débat avance à toute vitesse. Vingt duels, cinq chefs, des échanges courts et très peu de temps pour développer une idée. Un format qui donne du rythme, mais qui transforme aussi certaines discussions en véritables parties de ping-pong politique.

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Le troisième lien revient, puis la santé change complètement de ton

Ruba Ghazal profite justement de cette formule pour lancer l'une des répliques les plus mordantes de la soirée. Lorsque le troisième lien revient dans la conversation, elle reproche à la CAQ de retrouver une «passion» pour le projet à chaque élection avant de connaître une «peine d'amour». Fréchette défend son approche, mais la formule de Ghazal reste.

Duhaime, lui, installe ses thèmes habituels: réduction de la bureaucratie, taille de l'État et recours accru au privé. C'est particulièrement visible lors de son échange avec PSPP sur la santé. Le chef péquiste défend le réseau public et conteste l'idée que le privé puisse régler à lui seul les problèmes d'accès. Duhaime maintient qu'une plus grande place au privé pourrait améliorer l'efficacité.

PSPP lui répond avec une formule qui résume leur désaccord: «Un médecin au privé ne crée pas un médecin de plus.»

Charles Milliard cherche de son côté à occuper davantage l'espace, notamment sur les finances publiques et l'économie. Mais même lorsqu'il tente de déplacer la conversation, le référendum revient encore. Il soulève notamment les inquiétudes qu'un tel projet pourrait provoquer. PSPP refuse de faire de cette question le centre de son programme et ramène la discussion vers ce qu'il considère comme les problèmes du gouvernement actuel.

Pendant ce temps, Ghazal reste très présente sur les enjeux sociaux, notamment le logement, les services publics et les conditions de vie. Duhaime, lui, cherche à imposer ses propositions sur la taille de l'État et les services, tout en montrant un ton plus humain lorsqu'il aborde l'itinérance.

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À la fin, cinq chefs, cinq stratégies et un mot qui colle au débat

Et c'est peut-être là que se trouve le plus intéressant de cette soirée: les cinq chefs n'ont pas vraiment vécu le même débat.

Pour Fréchette, il fallait empêcher le projet souverainiste de devenir une toile de fond acceptable. Pour PSPP, il fallait démontrer qu'il pouvait parler comme un gouvernement en attente tout en encaissant les attaques sur le référendum. Pour Milliard, l'enjeu était de se faire une place entre le PQ et la CAQ. Ghazal a misé sur les services publics, les enjeux sociaux et des répliques qui pouvaient rapidement marquer. Duhaime, lui, a constamment ramené la discussion vers la taille de l'État, le privé et ses propositions.

Le format aura produit quelques belles flèches, mais aussi beaucoup de déplacements rapides. Une question sur les finances pouvait se transformer en discussion sur la souveraineté. Une discussion sur les jeunes pouvait revenir au référendum. Le troisième lien réapparaissait, puis disparaissait, avant de refaire surface ailleurs.

Après le débat, les analyses publiées n'étaient d'ailleurs pas parfaitement unanimes dans leur lecture de la soirée. Certains ont surtout retenu le calme de PSPP et les prestations de Ghazal et Duhaime, tandis que d'autres ont insisté sur la difficulté de Fréchette à échapper aux attaques visant le bilan caquiste.

Une chose, toutefois, est difficile à manquer. Dans ce débat où tout devait aller vite, un seul mot a réussi à suivre les chefs presque partout.

Référendum.

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