Un nouveau sondage révèle que les Canadiens souhaitent lutter contre les droits de douane américains

Un nouveau sondage révèle que les Canadiens souhaitent lutter contre les droits de douane américains
Crédit: Getty Images

Un nouveau sondage publié par l'Institut Angus Reid révèle que plus de 50 % des Canadiens souhaitent que le Premier ministre Mark Carney riposte à la nouvelle vague de droits de douane imposés par Trump en instaurant les siens. Le sondage montre également qu'une infime minorité de Canadiens souhaite que le Canada cède aux exigences de Trump. Il apparaît ainsi que la détermination des Canadiens se renforce, et non ne s'affaiblit pas, après plus d'un an de menaces de la part du dirigeant de l'ancien allié du Canada.

L'avis des Canadiens sur l'approche que le gouvernement devrait adopter

Interrogés sur l'approche que le gouvernement Carney devrait adopter face aux droits de douane de Donald Trump, les répondants ont donné des réponses cohérentes, mais celles-ci variaient en fonction de leur affiliation politique. Dans l'ensemble, 62 % des Canadiens estiment que le gouvernement devrait imposer des contre-droits de douane aux États-Unis. Un peu moins de la moitié de ces personnes interrogées pensent que le gouvernement devrait poursuivre les négociations tout en imposant des droits de douane. La division s'est manifestée parmi les électeurs conservateurs, moins de la moitié des électeurs du Parti conservateur du Canada (PCC) étant favorables à davantage de droits de douane. Dix-sept pour cent des électeurs conservateurs estiment que le Canada devrait se plier à la demande de Donald Trump, tandis que seuls 7 % de l'ensemble des personnes interrogées partagent cet avis.

Les Canadiens vivent
un moment de
« déjà-vu » alors que le président Donald
Trump annonce des droits de douane sur
les produits canadiens.

Institut Angus Reid

Les Canadiens face aux concessions anti-droits de douane

Lorsqu'on leur a demandé à quelles demandes américaines le Canada devrait céder, les opinions divergeaient nettement. Dans l'ensemble, les Canadiens s'opposent à l'entrée d'un plus grand nombre de produits laitiers américains sur le territoire canadien, tandis qu'ils sont plus nombreux à se montrer disposés à accepter la suppression des droits de douane canadiens sur les véhicules fabriqués aux États-Unis. Seuls 12 % des Canadiens s'opposent fermement à cette dernière mesure, contre 34 % qui s'opposent fermement à la première. Les Canadiens ne sont pas non plus disposés à lever les restrictions sur les boissons alcoolisées brassées aux États-Unis, un peu moins de 50 % des personnes interrogées s'opposant ou s'opposant fermement à cette concession.

Les Canadiens et la gestion de l'offre

On a également demandé aux personnes interrogées si le Canada devait ou non supprimer les politiques de gestion de l'offre actuellement en vigueur – des politiques qui ont irrité Donald Trump. Dans l'ensemble, 42 % des Canadiens estiment que Mark Carney devrait rester ferme sur la gestion de l'offre et ne faire aucune concession aux États-Unis. Ce chiffre est nettement plus faible chez les électeurs conservateurs, puisque seuls 20 % des électeurs du Parti conservateur du Canada (PCC) partagent cet avis. Parmi les électeurs du NPD, du Bloc et des libéraux, plus de 56 % estiment que le Canada ne devrait pas renoncer à ses politiques de gestion de l'offre.

La confiance des Canadiens envers Mark Carney

Interrogés sur leur confiance envers Mark Carney et son gouvernement libéral, les électeurs se sont montrés divisés. À l'heure actuelle, 50 % des personnes interrogées affirment faire confiance à Mark Carney pour prendre des décisions qui profitent au Canada, tandis que 43 % n'ont pas confiance dans les libéraux de Carney. Les raisons invoquées pour justifier cette confiance ou cette méfiance ont été classées en quatre catégories. Les personnes interrogées estiment soit que Trump est trop imprévisible, soit que Carney n'est pas suffisamment qualifié, soit que Trump finira par céder, soit que Carney et son gouvernement sont bien armés pour faire face aux menaces de Trump.

La confiance envers le Premier ministre Mark
Carney et son équipe
de négociation a baissé depuis le printemps. Actuellement,
deux personnes sur cinq (43 %) déclarent croire
que Carney est capable de conclure un accord satisfaisant

Institut Angus Reid

Les Canadiens ne font pas confiance à Trump

Une question à laquelle presque tous les personnes interrogées ont répondu de manière cohérente concernait leur confiance envers Donald Trump. Lorsqu'on leur a demandé s'ils pensaient que Trump respecterait un accord négocié, 75 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas pouvoir faire confiance à Donald Trump pour respecter un accord commercial avec le Canada. Alors qu'un tiers des électeurs du Parti conservateur du Canada (PCC) affirment faire confiance à Trump pour respecter un accord, ce chiffre est inférieur à 5 % chez les électeurs libéraux et néo-démocrates. Pas un seul électeur du Bloc québécois n'a déclaré qu'il ferait confiance à Trump pour respecter un nouvel accord commercial.

L'AECG en cours de révision

EAST RUTHERFORD, NEW JERSEY – 19 JUILLET : Donald Trump, président des États-Unis d'Amérique, marche devant Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, et Mark Carney, Premier ministre du Canada, lors de la finale de la Coupe du monde de la FIFA 2026 opposant l'Espagne à l'Argentine au New York New Jersey Stadium, le 19 juillet 2026 à East Rutherford, dans le New Jersey. (Photo d'Alex Livesey – Danehouse/Getty Images)

Alors que l'avenir de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) reste incertain, les Canadiens continuent de faire face à l'incertitude concernant leur principal partenaire commercial. Les États-Unis ont refusé de prolonger l'ACEUM au-delà de son échéance initiale de six ans, le 1er juillet 2026, préférant mettre en place un processus de révisions annuelles pendant que les négociations se poursuivent. Le Canada et le Mexique se sont tous deux prononcés en faveur d'une prolongation complète de 16 ans, jusqu'en 2042, mais les États-Unis ont refusé de donner leur accord afin de faire pression sur ces deux pays pour qu'ils renégocient certaines clauses commerciales. À l'heure actuelle, l'accord commercial reste pleinement en vigueur et juridiquement contraignant. Il n'expirera définitivement qu'en 2036, à moins qu'un préavis officiel de retrait de six mois ne soit donné par l'un des pays membres.