Cette ville canadienne va à contre-courant de la tendance en matière d’accessibilité au logement
Alors que le Canada est confronté à une crise nationale du logement et de l'accessibilité financière, la situation s'est légèrement améliorée à l'échelle du pays. L'accessibilité au logement évolue (lentement) dans un sens favorable aux Canadiens. Malheureusement, une grande ville canadienne échappe à cette tendance : Québec. Selon une récente enquête de Royal Lepage, Québec est la seule municipalité parmi les 62 analysées où le revenu moyen par ménage nécessaire pour rembourser un prêt immobilier moyen dans la capitale québécoise a augmenté. Ce revenu moyen a progressé de 1,6 % depuis 2024, et cette ville fait figure d'exception.
Au cours des deux dernières années, les prix de l'immobilier dans les grands centres urbains du Canada — en particulier à Toronto, à Vancouver et dans leurs agglomérations — ont baissé, la demande dans ces régions où le coût de la vie est élevé ayant été freinée par les incertitudes géopolitiques et économiques, la baisse des niveaux d'immigration et une augmentation sans précédent de l'offre
— Phil Soper, directeur général de Royal LePage
Partout au Canada, le revenu du ménage requis pour obtenir un prêt immobilier a baissé, offrant ainsi à davantage de Canadiens la possibilité d'acheter un logement. Les prix de l'immobilier ont également chuté à l'échelle nationale. Selon les experts, cette baisse des prix n'est que le résultat d'un réajustement du marché suite au boom lié à la COVID, mais elle a également transformé le secteur. Alors que les grandes villes comme Montréal, Vancouver et Toronto enregistrent une baisse de la demande de logements non destinés à la location, de plus en plus de personnes s'installent dans les zones rurales.
Liste des 15 villes les plus abordables
Le rapport de Royal Lepage a pris en compte plusieurs facteurs afin de classer les villes en fonction de leur accessibilité. L'indice d'accessibilité de Royal Lepage tenait compte du coût de la vie, de l'économie locale et des tendances hypothécaires dans chaque ville. Le rapport évalue si le revenu des ménages a augmenté et quel est le revenu requis pour obtenir un prêt immobilier. En tête du classement figure Lethbridge, en Alberta, une ville de 106 000 habitants. À Lethbridge, les habitants ne consacrent que 18 % de leurs revenus au remboursement de leur prêt immobilier. En bas du classement des 15 villes figure Charlottetown, avec un facteur d'accessibilité de 30 %.
Les prix de l'immobilier dans les plus grandes villes du Canada se sont modérés au cours des deux dernières années, mais pour de nombreux acheteurs, les chiffres ne sont toujours pas au rendez-vous,
-Phil Soper
Saint John, au Nouveau-Brunswick, arrive en deuxième position avec 19,6 %. Le top 5 est complété par Thunder Bay, en Ontario, à 20,3 %, Red Deer, en Alberta, à 24,9 %, et Regina, à 25 %. Edmonton, à 26,3 %, et Winnipeg, à 27,9 %, figurent également dans le top 10. Edmonton est la seule ville canadienne de plus d'un million d'habitants à figurer dans ce classement.
La ville de Québec est sans conteste la grande déception de ce classement. Elle figurait depuis des années parmi les 15 villes les plus abordables, mais cette année, elle a chuté à la 18e place. Sur les 62 villes analysées, Québec est la seule à avoir vu son accessibilité se détériorer, mettant ainsi fin à l'une des meilleures tendances observées au Canada. Alors que l'accessibilité au logement est un problème critique depuis des années, la situation s'est légèrement améliorée dans l'ensemble du pays. Malheureusement, ce n'est pas le cas pour la capitale du Québec.
Un marché immobilier dangereux
Bien que les logements deviennent légèrement plus abordables et que le revenu minimum des ménages nécessaire pour acheter une maison diminue, les experts estiment que cela ne suffit pas. En réalité, la baisse des prix a en fait nui au marché. Alors que les prix ont chuté de près de 30 % cette année, la plupart des Canadiens n'ont toujours pas les moyens d'acheter un logement. Les Canadiens qui souhaitent devenir propriétaires n'en ayant pas les moyens, le marché cible désormais principalement les investisseurs. Malheureusement, rares sont les investisseurs désireux de se lancer sur un marché qui vient de subir une chute massive. Alors que les prix restent trop élevés pour la plupart des Canadiens, cette instabilité fait fuir les acheteurs plus aisés, axés sur l'investissement. Il en résulte un marché pour personne, où les maisons restent invendues pendant des mois et où de plus en plus de Canadiens continuent de louer.
