Le Sénat américain a rejeté une proposition visant à limiter les pouvoirs de Donald Trump sur l’armée en ce qui concerne les interventions en Iran.
Trump, qui a utilisé son pouvoir présidentiel de « commandant en chef » pour contrôler directement l’armée américaine, a été critiqué par des experts en droits de l’homme du monde entier pour ce qu’ils qualifient d’« actions militaires illégales ».
La résolution bipartisane visant à restreindre les pouvoirs de Trump a été rejetée par 52 voix contre 47 au Sénat, qui compte 100 membres. Cette résolution, présentée par le sénateur Tim Kaine (D-Va), a été soutenue par la majorité des démocrates et seulement une poignée de républicains.
Résolution visant à restreindre
La résolution a été présentée par le sénateur Tim Kaine, démocrate de Virginie.
Kaine, qui a occupé le poste de gouverneur de Virginie de 2006 à 2010, siège au Sénat américain depuis 2013. Cette résolution visait à ordonner le retrait des troupes américaines d’Iran.
Selon la législation américaine, seul le Congrès a le droit de déclarer l’état de guerre pour les États-Unis, et non le président. Alors que le monde parle de « guerre contre l’Iran », Donald Trump a généralement évité d’utiliser ce terme.
Techniquement, il n’a pas déclaré être en guerre contre l’Iran, préférant utiliser des termes tels que « opérations militaires » et « opérations de combat majeures », bien qu’il ait employé le mot « guerre » à plusieurs reprises lors de points presse consacrés à l’Iran.
Pour un président connu pour son sens du mélodrame et ses diatribes décousues, le fait qu’il évite le mot « guerre » semble étonnamment stratégique.
Un discours plein d'entrain
Le sénateur Kaine a prononcé un discours enflammé avant que les législateurs ne votent sur le projet de loi, tentant de galvaniser ses collègues de l’autre côté de l’hémicycle. À la fin de son discours, Kaine s’est exclamé :
« Mesdames et Messieurs les sénateurs, c’est la guerre! » Kaine a affirmé que ces actions constituaient pour le moins des « piqûres d’épingle » qui mèneraient inévitablement à une guerre totale.
L’Iran, Israël et le Hezbollah, basé au Liban et financé par l’Iran, ont tous déclaré être prêts pour une guerre à grande échelle.
Détails de la résolution
La résolution bipartisane a présenté cinq conclusions invoquées pour justifier la nécessité de retirer les troupes d’Iran. Selon les législateurs américains, les actions de Trump en Iran constituent des actes de guerre, et Trump ne peut ordonner ces attaques à moins que le Congrès n’ait déclaré l’état de guerre.
La résolution précise que le président ne dispose du pouvoir constitutionnel de mener des actions militaires que pour défendre les États-Unis contre une attaque, et non pour mener des actions offensives agressives. La résolution visait à mettre en œuvre la résolution sur les mesures de guerre de 1973.
Selon cette résolution, le président est tenu d’informer le Congrès des actions militaires majeures 48 heures avant le début des hostilités. Donald Trump est autorisé à mener certaines opérations militaires sans déclaration de guerre, mais les législateurs américains affirment qu’il a dépassé les limites.
La guerre de Donald Trump contre l'Iran
Le 28 février 2026, le gouvernement américain et Israël ont mené une opération conjointe en Iran, après quoi les États-Unis ont déclaré être en guerre avec ce pays.
Ces attaques ont déclenché des représailles de la part de l’Iran, qui a pris pour cible des bases militaires américaines et israéliennes à travers le Moyen-Orient.
Selon Donald Trump, cette guerre n’a pas de calendrier précis et les États-Unis poursuivront leurs opérations dans le pays jusqu’à ce qu’ils constatent un changement de régime significatif et la fin du programme nucléaire présumé de l’Iran.
« Succès » du premier jour
Des frappes américaines et israéliennes ont tué le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, dès le premier jour de la guerre. Khamenei avait recouru à une violence meurtrière contre les manifestants civils à Téhéran, et son élimination a été le seul aspect positif de l’intervention illégale de Donald Trump.
Tout comme Maduro au Venezuela, Ali Khamenei était un dirigeant cruel et impopulaire, la majorité du pays souhaitant son départ. Cela dit, le fait d’être impopulaire ne justifie pas une ingérence internationale illégale, et tout comme au Venezuela, Donald Trump a enfreint le droit international pour obtenir ce qu’il voulait.
Une guerre mondiale?
Aujourd’hui, le Liban et les autres pays du Golfe ont été entraînés dans le conflit. L’Iran a frappé des infrastructures américaines dans neuf pays différents.
La guerre menée par Donald Trump contre l’Iran a mis en péril les voies commerciales mondiales et fait chuter les marchés boursiers internationaux, alors que d’importantes plaques tournantes énergétiques du Moyen-Orient sont menacées.