- Ghazal remet le climat au premier plan.
- QS veut concilier climat et portefeuille.
- La «fatigue climatique» a changé le discours.
- Un nouveau plan fixe une cible ambitieuse.
- Reste à savoir si le climat reprendra sa place.
Le climat revient par la grande porte dans la campagne de Ruba Ghazal. Après avoir reconnu, avant le déclenchement de la campagne, que la «fatigue climatique» existait et que le coût de la vie occupait une place beaucoup plus pressante dans les préoccupations des Québécois, Québec solidaire remet aujourd'hui l'environnement au centre de la table.
Son nouveau plan climat propose de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 37,5% à 45% d'ici 2030, avec l'objectif de maintenir le Québec sur une trajectoire vers la carboneutralité en 2050. Le parti mise notamment sur la transition énergétique, la responsabilisation des grands pollueurs et la protection du territoire.
Le contraste avec le début de la campagne est intéressant. QS avait alors choisi de parler davantage d'épicerie, de logement, de salaires et de portefeuille, reconnaissant que les préoccupations environnementales peuvent perdre du terrain lorsque les factures prennent toute la place.
Mais Ghazal semble maintenant vouloir réunir les deux conversations plutôt que de les opposer.
Car pour QS, la transition écologique n'est pas seulement une affaire de tonnes de CO₂. Elle devient aussi une question d'énergie, d'économie, de transport et de pouvoir d'achat.
Reste une question de taille: dans une campagne où chaque parti tente de parler au portefeuille, les changements climatiques peuvent-ils encore réussir à s'inviter au premier rang?

Le climat, oui. Mais sans oublier le panier d'épicerie
Le pari de Ruba Ghazal est assez clair: ne pas demander aux électeurs de choisir entre leur portefeuille et la planète.
C'est justement le défi auquel QS s'est heurté en ajustant son discours cet été. La formation avait reconnu que la «fatigue climatique» était réelle et avait notamment adapté son discours pour tenir davantage compte du contexte économique et des préoccupations liées au coût de la vie.
Depuis le début de la campagne, le parti met donc davantage l'accent sur le coût de la vie, le logement et les services publics. Son cadre financier présenté le 11 septembre accordait d'ailleurs une place importante au logement, avec 11,8 milliards de dollars prévus pour ce dossier.
Le plan climat vient maintenant replacer l'environnement dans cette équation.
Et QS tente de présenter la transition comme un investissement plutôt que comme une facture supplémentaire.

Une campagne à deux degrés
Le climat pourrait donc revenir dans la conversation sans nécessairement demander aux électeurs de mettre leurs préoccupations quotidiennes sur pause.
C'est tout le défi pour Ghazal. Parler d'énergies renouvelables, de transport collectif et de réduction des émissions tout en restant connectée à celui qui regarde son panier d'épicerie, son loyer ou sa facture d'électricité.
QS veut aussi responsabiliser davantage les grands pollueurs et protéger le territoire, tout en présentant la transition énergétique comme un moteur économique.
Le message est construit autour d'une idée simple: ce qui est bon pour le climat peut aussi devenir une façon de préparer l'économie québécoise pour la suite.
Reste à voir si les électeurs suivront.
Ruba Ghazal veut donc remettre le climat dans la conversation. Reste maintenant à voir si, dans une campagne dominée par le coût de la vie, elle réussira à faire monter la température.
