Éric Duhaime a-t-il trouvé son nouveau cheval de bataille à Québec?

Éric Duhaime a-t-il trouvé son nouveau cheval de bataille à Québec?
Crédit: Facebook/Éric Duhaime
  • Duhaime s'attaque frontalement au tramway.
  • La facture du projet alimente la controverse.
  • Québec pourrait devenir un terrain électoral clé.
  • Le PCQ mise sur les automobilistes.
  • Reste à savoir si le message rapportera des votes.

Le tramway de Québec vient de trouver un nouvel adversaire de taille sur la route de sa mise en service prévue en 2033. Éric Duhaime veut mettre le projet sur pause, et surtout, il veut faire de cette bataille un enjeu électoral.

Samedi, le chef du Parti conservateur du Québec s'est présenté devant des opposants réunis près du Parlement pour réclamer l'arrêt immédiat du projet TramCité. Sa cible est claire: une facture actuellement estimée à 7,6 milliards de dollars, une ligne de 19 kilomètres et des travaux préparatoires déjà amorcés dans plusieurs secteurs de la ville.

Duhaime promet maintenant de porter la voix des opposants à l'Assemblée nationale. Il parle de «guerre à l'auto», de stationnements supprimés et d'un projet qu'il juge trop coûteux et inutile. Il prédit même que la facture finale pourrait dépasser les 10 milliards de dollars.

Son pari politique est pourtant plus risqué qu'il n'en a l'air. La manifestation de samedi réunissait moins d'une centaine de personnes. Et à l'échelle municipale, les électeurs de Québec ont récemment réélu Bruno Marchand avec une très forte majorité de conseillers favorables au tramway.

Mais une élection provinciale ne se joue pas nécessairement avec une foule devant le Parlement. Elle se joue aussi sur la capacité d'un parti à transformer une irritation locale en vote.

Et Québec pourrait offrir exactement ce terrain à Duhaime.

Instagram @colasquebec / Courtoisie Urban Transport Magazine

Un projet qui coûte déjà très cher politiquement

Le tramway possède tous les ingrédients d'un enjeu électoral explosif: une facture de 7,6 milliards de dollars, des travaux qui commencent à modifier les déplacements et une promesse de mise en service qui demeure encore à plusieurs années.

Duhaime tente de résumer le débat en une opposition simple: ceux qui veulent le tramway contre ceux qui veulent préserver la voiture, les stationnements et la liberté de circuler.

Le message est efficace parce qu'il dépasse le transport. Il touche directement les automobilistes, les commerçants et les contribuables qui se demandent combien leur coûtera finalement cette infrastructure.

Le chef conservateur s'appuie aussi sur un sondage commandé par Respect Citoyens, selon lequel 76 % des contribuables seraient opposés au tramway si la facture dépassait 12 milliards de dollars. Mais il faut rester prudent: ce chiffre ne signifie pas que 76 % des électeurs de Québec veulent arrêter le projet aujourd'hui.

C'est précisément dans cet écart que se trouve le pari de Duhaime.

Robert Macleod sur Unsplash / Instagram @ericduhaimequebec

Duhaime peut-il transformer le tramway en votes?

Pour le PCQ, le tramway pourrait devenir beaucoup plus qu'un dossier de transport. Il peut servir de symbole à une campagne axée sur les dépenses publiques, la place de l'automobile et la méfiance envers les grands projets gouvernementaux.

Les travaux majeurs doivent s'échelonner jusqu'en 2032 avant la mise en service prévue en 2033.

Autrement dit, Duhaime peut exploiter le dossier longtemps.

Reste la grande question: peut-il faire du tramway un enjeu suffisamment important pour déplacer des votes dans la région de Québec?

Le tramway devait rapprocher Québec de son avenir. Duhaime veut maintenant en faire le détour politique.

Reste à voir si les électeurs monteront à bord de son argumentaire… ou s'ils préféreront simplement regarder passer le train.

Instagram @bruno.marchand.maire / Instagram @conservateur_quebec