Le Québec est plongé en campagne électorale depuis le 27 août en vue du scrutin du 5 octobre. Voici un tour d’horizon des promesses dévoilées par le chef du Parti libéral québécois (PLQ), Charles Milliard, depuis le coup d’envoi de cette course à l’Assemblée nationale.
40 000 logements sociaux et abordables d’ici 5 ans
Charles Milliard a présenté le 1er septembre son plan pour s’attaquer à la crise du logement et à l’itinérance. Il s’engage à construire 40000 logements sociaux et abordables d’ici cinq ans, un investissement évalué à 1,5 milliard de dollars. Le chef libéral a précisé que ces logements seraient destinés aux personnes en situation d’itinérance, aux jeunes qui quittent la DPJ, aux aînés et aux étudiants, notamment. Cette mesure s’inscrit dans la volonté des libéraux de construire 100000 logements par année, tous types confondus. «De plus, un gouvernement libéral se donnera comme cible de porter la part du logement hors marché à 20% du marché en 2050. Pour réduire le coût par unité et accélérer la livraison, le Parti libéral du Québec bonifiera et optimisera les programmes existants et proposera une préqualification des OBNL, des plans d’unité standardisés et une cible de 50% de construction préfabriquée», peut-on lire sur le site web du parti.
Aînés: un stop aux hausses des coûts dans les RPA
Charles Milliard promet de mettre fin aux hausses abusives des loyers dans les résidences privées pour aînés (RPA) en les plafonnant, chaque année, puis en forçant les entreprises qui veulent dépasser ce seuil à le demander au Tribunal administratif du logement (TAL). En point de presse à Québec, le 30 août, le chef des rouges a déploré que le loyer mensuel moyen dans une RPA soit passé de 2253$ en 2022 à 2655$ cette année, ce qui représente une augmentation de 18%. «Je ne pars pas en guerre contre les résidences. Je pars en guerre contre les injustices pour nos aînés», a plaidé M. Milliard. Le chef du caucus a indiqué qu’il reviendrait à terme au TAL de fixer le pourcentage de la hausse annuelle lors de la conférence de presse. Bien qu’à l’heure actuelle, une résidence ne peut modifier les services inclus dans un bail ou leur coût en cours d’année, elle peut le faire à la fin du bail. Un locataire est alors en droit de le contester devant le TAL. Le PLQ veut donc inverser le fardeau de la preuve, c’est-à-dire que le locateur soit forcé d’aller devant le tribunal pour justifier une hausse supérieure au pourcentage d’augmentation annuel qu’établirait le TAL. Sous un gouvernement libéral, les RPA ne pourront plus réduire les soins offerts, ni tous les services d’accompagnement, simplement pour respecter le plafond de la hausse de loyers qui sera fixé. Enfin, le PLQ propose «un accompagnement particulier pour les RPA qui maintiennent une offre à coût abordable, notamment les petites résidences et celles en région».
Diminuer la paperasse avec une équipe «Efficacité Québec»
Selon les calculs du PLQ, «le fardeau administratif et réglementaire des entreprises québécoises leur coûte près de 11 milliards de dollars par année». Les PME consacrent « aujourd’hui l’équivalent de 32 jours de travail par année à de la paperasse gouvernementale», indique le caucus. Pour alléger «l’empilement administratif» et régler «les enjeux structurels qui limitent le potentiel de croissance de notre économie», un gouvernement libéral mettrait en place une équipe «Efficacité Québec». «Un entrepreneur ayant un projet bloqué, par exemple, entre deux ou trois ministères n’aura plus à courir après trois ministères. Il y aura une seule porte d’entrée pour trouver la solution et régler le problème», a détaillé M. Milliard le 29 août. «Et lorsqu’une règle n’a plus de sens, cette équipe va exiger de la changer», a-t-il ajouté. À cela s’ajouterait, sous un gouvernement libéral, un moratoire dans la première année sur toute nouvelle réglementation. Après ce moratoire, le PLQ imposerait une règle «deux pour un»: pour chaque nouvelle réglementation, deux devront disparaître. Enfin, il instaurerait des délais obligatoires pour le traitement des demandes gouvernementales.
Guerre tarifaire: diversifier nos marchés, offrir des mesures aux entreprises
Quelques jours après l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs américains qui frappent près de 8 milliards de dollars d’exportations québécoises, le PLQ a proposé un objectif s’il est élu: «diminuer d’au moins 15% la part de nos exportations qui vont vers les États-Unis».
Pour ce faire, le PLQ créerait, au cours d’un premier mandat, «de nouvelles alliances avec, entre autres, nos alliés du Canada, de l’Europe et de la Francophonie», explique-t-il sur son site web. Le PLQ souhaite aussi organiser des «missions commerciales inversées». Plutôt que d’envoyer uniquement des délégations d’entrepreneurs québécois à l’étranger, le gouvernement chercherait à attirer directement au Québec des entreprises et des acheteurs étrangers. Le parti propose également l’abolition d’un maximum de barrières commerciales avec les provinces canadiennes, un soutien plus souple pour les PME qui souhaitent unir leurs forces et mutualiser leurs ressources pour conquérir ensemble des marchés étrangers, en s’inspirant de modèles internationaux qui ont fait leurs preuves et, enfin, une stratégie de rayonnement économique dans la Francophonie afin de mieux utiliser le français comme avantage économique pour le Québec. Les États-Unis demeurent le principal client des entreprises québécoises. Selon l’Institut de la statistique du Québec, 69,8% des exportations internationales de marchandises du Québec étaient destinées aux États-Unis en 2025, pour une valeur de 84,8 milliards de dollars. Cette proportion était de 73,3% en 2024. Les tensions commerciales ont toutefois commencé à modifier les échanges. En 2025, les exportations québécoises vers les États-Unis ont diminué de 6,9 %, tandis que les exportations vers les autres pays ont progressé. Pour les six premiers mois de 2026, la valeur des exportations vers les États-Unis était également en baisse de 7,6 % par rapport à la même période en 2025.
Mesures d’urgence pour les entreprises frappées par les tarifs
Avant même le déclenchement de la campgnagne, le PLQ avait déjà annoncé le 25 août ses propositions pour aider les entreprises touchées par les tarifs américains. Le PLQ offrirait un congé temporaire de cotisations au Fonds des services de santé (FSS) pour les entreprises directement affectées par les tarifs.
«L’aide serait modulée selon leur niveau d’exposition: plus une entreprise est touchée, plus le soutien serait important. Cette mesure permettrait de laisser davantage de liquidités dans les coffres des entreprises, de protéger les emplois et de soutenir la production au Québec», explique la formation sur son site web. À cela, s’ajouterait une conversion de 25% de l’aide destinée aux PME admissibles en aide directe non remboursable, pour les entreprises dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 M$ et 2 M$. «Une partie du soutien pourrait continuer de prendre la forme d’un prêt, mais cette bonification permettrait aux plus petites entreprises d’obtenir de l’aide immédiate sans alourdir davantage leur endettement», indique le PLQ.
Priorités pour la Capitale-Nationale
La région de Québec a manqué d’attention de la part des anciens gouvernements, estime le chef du PLQ, qui a lancé sa campagne électorale dans la capitale le 27 août en présentant ses priorités pour la région. Il promet plusieurs gestes en matière de mobilité, de santé et de développement pour que Québec devienne «un véritable pôle d’attraction économique».
S’il est élu, le chef des rouges s’engage à poursuivre les études sur le troisième lien entre Québec et Lévis, sans toutefois s’avancer sur un horizon temporel. «Je vais rapidement m’activer à rencontrer les experts, le secteur privé. Alors, ce n’est pas quelque chose que je reporte à 2035, d’aucune façon», assure-t-il. Pour Québec, M. Milliard promet aussi de lancer les études pour les prochaines phases du développement du tramway, de transformer l’autoroute Laurentienne (qui débouche sur le centre-ville) en boulevard urbain, comme le réclame la Ville, et de travailler avec Alto pour que le projet fédéral de train à grande vitesse (TGV) soit raccordé au réseau municipal de transport en commun. En matière de développement économique, le chef du PLQ entend développer un «pôle technologique en défense» et soutenir l’ajout de conteneurs au Port de Québec avec le projet de terminal de contenus de l’entreprise QSL.