L'administration Trump fait à nouveau l'objet d'une attention particulière après qu'une enquête du New York Times a révélé comment des chevaux sauvages protégés par le gouvernement fédéral, retirés des terres publiques, auraient été acheminés vers des abattoirs commerciaux en passant par des failles juridiques et des transactions privées. L'enquête a examiné comment des milliers de mustangs sauvages gérés par le Bureau of Land Management (BLM) ont été capturés lors de rafles à grande échelle, notamment à l'aide d'hélicoptères, avant que certains animaux ne soient transférés via une chaîne d'acheteurs et d'intermédiaires qui les a finalement acheminés vers des abattoirs au Canada et au Mexique. Ces révélations ont relancé un débat de longue date visant à déterminer si le système fédéral actuel protège véritablement les chevaux sauvages emblématiques des États-Unis ou s'il leur fait perdre ces protections par le biais de procédures administratives.
La controverse porte sur la gestion par le BLM des populations de chevaux sauvages dans les États de l'Ouest, où l'agence fait valoir que les rafles sont nécessaires pour prévenir la surpopulation et protéger les pâturages publics fragiles. Le gouvernement a justifié ces prélèvements en affirmant qu'une population excessive de chevaux peut nuire aux écosystèmes et poser des défis à long terme pour la gestion des terres. Cependant, les organisations de défense du bien-être animal et les détracteurs du programme soutiennent que celui-ci a été influencé par des intérêts divergents, notamment des demandes visant à obtenir un meilleur accès aux terres publiques utilisées pour le pâturage du bétail et d'autres industries. L'utilisation d'hélicoptères pour pourchasser et capturer les chevaux sauvages est devenue l'un des aspects les plus controversés du programme, les détracteurs qualifiant ce processus de stressant et dangereux pour les animaux.
Une faille juridique
Selon l'enquête, la partie la plus contestée du système concerne ce qui se passe une fois que les chevaux ne relèvent plus de la tutelle fédérale. En vertu de la loi de 1971 sur les chevaux et ânes sauvages en liberté (Wild Free-Roaming Horses and Burros Act), les mustangs sauvages sont protégés contre l'abattage intentionnel, mais les détracteurs affirment qu'une faille juridique permet à certains animaux d'entrer finalement dans un circuit commercial après avoir été reclassés dans le cadre de programmes de vente fédéraux. Le BLM recourt à des programmes d'autorisation de vente pour réduire le nombre de chevaux hébergés dans des installations gouvernementales, où les coûts liés aux soins à long terme sont devenus un fardeau financier majeur. Une fois que les chevaux sont transférés dans le cadre de ventes autorisées, les détracteurs affirment qu'il devient de plus en plus difficile de retracer leur destination finale à mesure que des acheteurs privés, des négociants et des intermédiaires interviennent.

L'enquête a également examiné comment certains chevaux soustraits à la gestion fédérale auraient transité par un réseau complexe d'acheteurs privés, de négociants en bétail et d'intermédiaires avant d'atteindre leur destination finale. Selon le rapport, certains mustangs ont été vendus dans le cadre de transactions en gros à des prix relativement bas après avoir quitté les installations du BLM, ce qui a suscité des inquiétudes chez les détracteurs quant à la difficulté de retracer ces animaux une fois qu'ils sont passés entre les mains de propriétaires privés. Dans un cas documenté mis en évidence par l'enquête, un groupe de chevaux sauvages a été transporté d'un centre de détention fédéral vers un négociant privé en bétail, où la piste est devenue de plus en plus difficile à suivre. Le manque de transparence entourant ces transactions a alimenté les accusations selon lesquelles le système actuel permet à des animaux protégés de se retrouver dans les circuits d'abattage.

La controverse s'est intensifiée après que les enquêteurs ont retracé une partie du circuit vers des abattoirs canadiens, où la viande de cheval reste une industrie légale. Les abattoirs commerciaux de chevaux n'étant plus en activité aux États-Unis, les chevaux américains qui entrent sur ce marché sont transportés au-delà des frontières internationales avant d'être transformés. Le rapport décrit comment les détracteurs estiment que les classifications juridiques et les transactions privées créent un fossé entre les protections fédérales initiales et ce qui se passe après le changement de propriétaire. De son côté, le BLM a réfuté les allégations selon lesquelles il enverrait sciemment des chevaux sauvages protégés à l'abattoir, arguant que les acheteurs doivent signer des accords interdisant l'abattage ou la vente d'animaux à des personnes ayant l'intention d'enfreindre ces règles.

La controverse a également déclenché une vague de spéculations en ligne, notamment une fausse rumeur virale affirmant que les chevaux destinés à l'abattage étaient secrètement transformés et revendus aux Américains sous forme de produits à base de bœuf non identifiés. La rumeur s'est répandue après que deux sujets distincts ont été associés sur Internet : l'enquête du New York Times sur les chevaux sauvages et une annonce distincte de l'administration Trump concernant du bœuf haché importé destiné à faire baisser les prix à la consommation. Les utilisateurs des réseaux sociaux ont établi à tort un lien entre ces deux événements et ont laissé entendre que de la viande de cheval était déguisée en viande de bœuf, mais les autorités et les vérificateurs de faits ont réfuté cette affirmation. Le véritable débat autour de la politique relative à la viande de bœuf porte sur le commerce, les préoccupations en matière d'étiquetage et les critiques de certains éleveurs, et non sur une chaîne d'approvisionnement cachée en viande de cheval.

La véritable controverse
Malgré cette fausse rumeur, la véritable controverse autour des chevaux sauvages américains continue de susciter des pressions politiques. Les associations de défense des animaux et les législateurs réclament des changements pour empêcher que les mustangs protégés ne se retrouvent sur une voie pouvant mener à l'abattage, tandis que les partisans de l'approche actuelle du BLM soutiennent que la gestion des populations est nécessaire pour protéger les terres publiques et maintenir une taille durable des troupeaux. Le BLM et le ministère de l'Intérieur affirment ne pas vendre sciemment de chevaux destinés à l'abattage et précisent qu'ils enquêtent sur les violations présumées. Cependant, les détracteurs soutiennent que le système actuel nécessite des garanties plus solides et une plus grande transparence afin de s'assurer que les animaux protégés par le gouvernement fédéral restent sous protection après avoir quitté la garde de l'État.
