Le Parti conservateur d'Éric Duhaime promet de s'attaquer au « gaspillage » des fonds publics. Son objectif ? Réduire de 47 milliards de dollars les dépenses de l'État québécois sur cinq ans s'il est élu.
Le PCQ a présenté son plan pour rétablir l'équilibre budgétaire jeudi, devant l'édifice Marie-Guyart à Québec, où travaillent des milliers d'employés de l'État.
Ce plan propose d'intervenir sur trois grands axes : réduire de façon « importante » les crédits d'impôt pour les entreprises (en épargnant ceux des médias et du milieu culturel) et les subventions directes, couper le nombre de fonctionnaires et miser sur une plus grande efficacité de l'État en intégrant l'intelligence artificielle (IA).
« Ce qu'on annonce, c'est un grand ménage dans les finances publiques, probablement le plus grand ménage dans l'histoire du Québec », a lancé le porte-parole en matière d'économie et de finances publiques du Parti, Adrien Pouliot.
Le 47 milliards sera récupéré « uniquement en gaspillage et en bureaucratie, tout en préservant les services publics », assure le porte-parole. Les crédits d'impôt pour le milieu culturel et les médias seraient épargnés.
Le parti promet également « les plus importantes baisses d'impôts de l'histoire du Québec » aux particuliers et aux entreprises. Les détails de cet engagement seront connus plus tard.
Les mesures
Le PCQ propose de réduire le nombre de fonctionnaires de près de 20 000, à temps complet, notamment par attrition. Il s'engage à couper dans le gaspillage et la bureaucratie « tout en préservant les services publics », a précisé M. Pouliot.
Combinée à un gel du recrutement au sein de l'État, cette mesure permettait d'engendrer des économies estimées à 3,75 milliards de dollars. Selon M. Pouliot, les enseignants, le personnel infirmier et les préposés aux bénéficiaires seraient épargnés par ces coupes.
Le PCQ souhaite aussi sabrer dans les subventions aux entreprises. Selon le parti, cela permettrait d'épargner 20 milliards de dollars, selon les conservateurs. « On est les champions des subventions, per capita, au Canada », a lancé M. Pouliot.
Sous le PCQ, le Conseil du trésor deviendrait le Conseil du trésor et de l'Efficacité gouvernementale, qui sera chargé d'effectuer un examen complet des programmes gouvernementaux.
En réduisant les programmes gouvernementaux, le Parti vise une économie de 12,7 milliards de dollars. Pour ce faire, des structures, comme le Fonds d'électrification et changements climatiques, seraient abolies. Des mandats, modifiés, comme celui d'Investissement Québec notamment.
Pour chaque nouveau programme qu'un ministre voudrait implanter, ce dernier devra consulter le chef Duhaime et abolir un autre programme existant d'une valeur financière comparable.
Le PCQ compte se servir davantage de l'IA pour accélérer la transition numérique de l'État. Le but ? Rendre les services plus accessibles, plus efficaces et moins coûteux et ainsi, économiser 3,75 milliards sur cinq ans. Cette transition se baserait sur les recommandations de la commission Gallant, soit celle sur la gestion de la modernisation des systèmes informatiques de la Société de l'assurance automobile du Québec.
PCQ admet que 47 milliards de dollars de coupes proposées est un gros chiffre, mais nuance le tout en disant que ce nombre représente seulement 5,6 % des dépenses de l'État.
« Si vous voulez des cadeaux des pères Noël, il y a quatre partis qui se promènent aujourd'hui avec leurs traîneaux. Mais si vous voulez garder plus d'argent dans votre portefeuille, il faut voter pour […] les candidats et les candidates du Parti conservateur du Québec qui sont derrière moi », a affirmé M. Pouliot alors que les élections approchent à grands pas.