La Russie aurait subi environ 1,4 million de pertes au combat depuis son invasion de l’Ukraine, selon un nouveau rapport du Center for Strategic and International Studies (CSIS), qui conclut que la position militaire de Moscou ne cesse de s’affaiblir malgré plus de quatre ans de guerre. Alors que les avancées russes ralentissent, que les contre-offensives ukrainiennes permettent de regagner du territoire et que les frappes de drones à longue portée perturbent de plus en plus des cibles situées en profondeur sur le territoire russe, les analystes estiment que le conflit évolue progressivement en faveur de Kiev.
Plus de 2 millions de victimes
Selon une nouvelle étude du Center for Strategic and International Studies (CSIS), plus de deux millions de victimes militaires ont désormais été recensées depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022, ce qui met en évidence le coût humain effroyable de la plus grande guerre que l’Europe ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le lourd bilan de la Russie
Ce groupe de réflexion basé à Washington estime que les forces russes ont subi environ 1,4 million de pertes au combat, dont entre 400 000 et 450 000 morts, tandis que l’Ukraine a enregistré entre 525 000 et 625 000 pertes, dont environ 125 000 à 150 000 morts.
Moscou perd de son élan
Bien que Moscou continue d’occuper environ un cinquième du territoire ukrainien, le rapport conclut que la situation militaire de la Russie s’est progressivement détériorée au cours du premier semestre 2026, à mesure que l’élan offensif s’essouffle, que les pertes ne cessent de s’alourdir et que l’Ukraine parvient de plus en plus souvent à frapper des cibles militaires et industrielles situées en profondeur sur le territoire russe.
Une guerre coûteuse
Ces conclusions dressent le tableau d’un conflit qui s’avère de plus en plus coûteux pour les deux camps, tandis qu’une victoire décisive sur le champ de bataille semble de plus en plus improbable. Selon le CSIS, la stratégie militaire de la Russie a atteint un point de rendement décroissant après plus de quatre ans de guerre d’usure.
Le recrutement prend du retard
Le nombre mensuel de victimes russes dépasse désormais le taux de recrutement mensuel estimé du pays, ce qui suscite des inquiétudes croissantes quant à la capacité de Moscou à mener des opérations offensives prolongées. Parallèlement, le rapport entre les pertes des deux camps a radicalement basculé en faveur de l’Ukraine au cours du premier semestre 2026 : selon certaines informations, les forces russes auraient subi près de huit pertes pour chaque victime ukrainienne infligée.
Les progrès marquent le pas
Malgré la poursuite des attaques dans l’est de l’Ukraine, les avancées russes autour de villes stratégiquement importantes, notamment Kostiantynivka, Pokrovsk et Sloviansk, ont ralenti pour s’établir entre 50 et 90 mètres par jour, ce qui représente l’un des rythmes d’avancée les plus lents jamais enregistrés dans l’histoire de la guerre moderne. Le CSIS attribue ce ralentissement à la corruption, à des tactiques de combat inadéquates et à l’efficacité croissante des défenses en plusieurs lignes mises en place par l’Ukraine.
L'Ukraine regagne du terrain
L’une des conclusions les plus importantes du rapport est que la Russie a commencé à subir des pertes territoriales nettes pour la première fois depuis août 2024. En avril et mai 2026, les contre-offensives ukrainiennes auraient permis de reprendre environ 400 kilomètres carrés de territoire, démontrant ainsi la capacité de Kiev à exploiter les faiblesses présentes sur certaines portions du front.
Les drones transforment le champ de bataille
Le rapport souligne également que l’utilisation, en pleine évolution, de technologies militaires de pointe par l’Ukraine est l’une des principales raisons de la détérioration de la situation de la Russie. Des drones équipés d’intelligence artificielle et des capacités de frappe à longue portée ont pris pour cible à plusieurs reprises des dépôts de munitions, des centres logistiques, des quartiers généraux militaires, des infrastructures énergétiques et des bases aériennes stratégiques russes situés bien en retrait des lignes de front.
Une tension profonde au cœur de la Russie
Selon le CSIS, les frappes ukrainiennes qui ont atteint Moscou, Saint-Pétersbourg et d’autres sites militaires stratégiques ont mis en évidence les faiblesses du réseau de défense aérienne russe, tout en contraignant Moscou à détourner des ressources précieuses des opérations menées sur le front. Les analystes en concluent que ces attaques ont considérablement alourdi le coût économique et militaire de la guerre pour le Kremlin.
Zelensky appelle à la paix par la pression
Ce rapport intervient alors que la Russie continue de mener des attaques à grande échelle à l’aide de missiles et de drones sur l’ensemble du territoire ukrainien. Réagissant à l’un des derniers bombardements, le président Volodymyr Zelensky a déclaré à CNBC : « Le dirigeant russe refuse catégoriquement de mettre fin à la guerre. Et bien que, par tous les canaux officiels et officieux possibles… nous ayons fait savoir que la guerre peut et doit prendre fin, et que nous, en Ukraine, sommes prêts à des rencontres et à des négociations constructives, il ne voit d’autre issue que la poursuite de l’agression. » Il a ajouté : « La Russie doit être mise dans une situation où, hormis la paix, elle n’a pas d’autre choix. »
Des négociations semblent de plus en plus probables
Bien que la Russie dispose toujours d’importants effectifs, de capacités industrielles et de la capacité de mener des frappes à longue portée, le rapport du CSIS conclut que l’évolution globale du conflit est devenue nettement moins favorable à Moscou. Face à l’augmentation du nombre de victimes, au ralentissement des avancées territoriales et à l’efficacité croissante des frappes ukrainiennes, les analystes estiment que la guerre s’inscrit désormais dans une logique d’endurance, ce qui rend un cessez-le-feu négocié ou un accord de paix plus large plus probable qu’une victoire militaire décisive pour l’une ou l’autre des parties.