Un nouveau sondage révèle une méfiance croissante envers Pierre Poilievre parmi les électeurs conservateurs
Pierre Poilievre a connu une année difficile. Ce n'est pas une opinion, c'est un fait.
En avril 2025, les conservateurs fédéraux de Pierre Poilievre détenaient une avance considérable de 20 points sur les libéraux, alors à la dérive, après que Justin Trudeau eut démissionné au milieu d'un mandat entaché de luttes intestines. Il semblait que les élections d'avril 2025 seraient une victoire assurée pour les conservateurs. Pierre Poilievre était au sommet de sa popularité au début de l'année 2025, et avec la cote de popularité de Trudeau au plus bas, Poilievre avait toutes les cartes en main pour remporter la victoire.
Mais il a perdu, n'ayant pas réussi à rallier le soutien des Canadiens dans les mois précédant les élections. Le style de « politique mini-Trump » de Poilievre avait semé le trouble dans le pays, et le Canada basculait résolument vers la droite, jusqu'à ce que Donald Trump menace d'envahir le pays. Poilievre, qui avait longtemps utilisé les comparaisons entre lui et Trump à son avantage, se retrouvait désormais face à un pays qui détestait unanimement le président américain. La politique du « mini-Trump » n'allait pas fonctionner pour Poilievre, pas après que Trump eut menacé le pays.
Alors que Poilievre s'enfonçait, les libéraux ont finalement mis sur pied une campagne apparemment confiante. Dirigée par Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et d'Angleterre, ainsi qu'ancien envoyé spécial des Nations unies pour l'action climatique et le financement. Carney a fait sensation avec sa première série de discours, s'en prenant violemment à Donald Trump et assurant aux Canadiens qu'il considérait Trump comme une force malveillante qu'il fallait contrer. C'est là que les échecs de Poilievre ont commencé. Il ne s'est pas opposé à Trump et n'a pas montré aux Canadiens qu'il serait prêt à se battre pour le pays. Le parcours parlementaire très terne de Poilievre est également devenu un sujet central. Des enquêtes ont révélé que Poilievre avait voté contre les travailleurs syndiqués plus de 500 fois au cours de ses 20 ans de carrière. De plus, en 20 ans, Poilievre n'a réussi à faire adopter qu'un seul projet de loi, un bilan d'activité choquant pour un politicien de carrière.
Toutes les erreurs de Poilievre ont abouti à la perte de son siège dans la circonscription de Carleton, en Ontario. La circonscription n'avait jamais basculé chez les libéraux avant 2025, et Poilievre l'avait contrôlée pendant toute son histoire électorale. Les électeurs de Pierre Poilievre à Carleton en avaient assez du chef conservateur, et après la confirmation des résultats le 28 avril, il s'est retrouvé sans siège, avec un parti en chute libre, bien qu'il remporte un siège conservateur sûr lors d'une élection partielle en août 2025.
Depuis son élection, Carney a joué un jeu inventé par le PCC. Il a supprimé la taxe carbone, adopté des lois strictes sur les réfugiés et l'immigration, et clairement indiqué que sa priorité était l'économie, et non les questions sociales comme on pourrait s'y attendre d'un chef libéral. Ses actions ont conduit les électeurs et les politiciens du PCC à changer lentement mais sûrement de camp, Carney disposant désormais d'un gouvernement majoritaire après que quatre députés du PCC aient changé de camp pour rejoindre son parti. Les libéraux bénéficiant désormais d'un gouvernement majoritaire, un nouvel échec vient s'ajouter à la liste de Poilievre.
Les sondages révèlent une méfiance croissante, mais pas encore un désastre

Un sondage publié par l'Institut Angus Reid le 20 avril 2026 a révélé une agitation croissante parmi les électeurs du PCC, la confiance dans le leadership de Poilievre s'effritant lentement. Le sondage a été mené auprès de 1 646 Canadiens, dont 590 avaient voté pour les conservateurs lors des élections de l'année dernière. Parmi les électeurs du PCC interrogés, 57 % ont déclaré que Poilievre devrait rester à la tête du parti jusqu'aux prochaines élections, contre 68 % en août dernier. Une baisse de 11 % en seulement 12 mois est significative, puisque seulement 75 % des électeurs du PCC affirment avoir une opinion favorable de Poilievre, tandis que 20 % déclarent avoir une opinion très défavorable du chef. Ces deux chiffres sont les pires de sa carrière, 75 % étant son taux d'approbation le plus bas et 20 % son taux de désapprobation le plus élevé.
Le reste du sondage n'est pas favorable à Poilievre. Selon l'Institut Angus Reid, pas moins de 30 % des électeurs du PCC souhaitent que Poilievre soit remplacé, un chiffre suffisamment élevé pour soulever de sérieuses questions au sein du caucus. Alors que des députés conservateurs quittent le navire en invoquant leur désaccord avec la direction, il semble que Poilievre soit en train de couler son parti. En 2024, Pierre Poilievre était l'un des chefs conservateurs les plus populaires de tous les temps. Aujourd'hui, à peine deux ans plus tard, près d'un tiers de ses électeurs souhaitent son départ, et ses députés l'ont quitté, offrant à Mark Carney la majorité que le PCC s'était tant efforcé d'éviter. Outre le fait que ses électeurs se sentent privés de leur voix par ses décisions, les Canadiens dans leur ensemble semblent en avoir assez du « mini-Trump » du Canada, Poilievre affichant un impressionnant taux de défaveur de 60 % auprès de l'ensemble des Canadiens interrogés.
L'avenir de Poilievre au Parlement semblant compromis, le chef du PCC va devoir s'engager dans une nouvelle opération de rebranding, surtout s'il espère regagner le soutien des électrices, dont seulement 28 % avaient une opinion favorable de lui en décembre 2025, avant la chute de Poilievre.
Le chef conservateur a du pain sur la planche dans les mois à venir s'il veut assurer sa place dans l'histoire de la politique canadienne.